En Alsace, l'enseignement catholique a récemment lancé une cellule d'écoute dédiée aux victimes présumées de viols et d'agressions sexuelles. Ce dispositif vise à offrir un cadre sécurisé pour recueillir les témoignages et dénoncer de tels actes.
Depuis mars 2026, cette initiative s'inscrit dans une démarche proactive, avec trois membres formés spécialisés dans l'écoute. Les victimes peuvent se manifester par écrit via un email dédié. Selon Cécile-Eugénie Clot, adjointe à la direction diocésaine, "Toute personne peut se manifester". Elle ajoute: "Nous nous engageons à répondre et à organiser des rencontres pour accueillir la parole des victimes." Les informations recueillies seront ensuite relayées aux autorités judiciaires qui décideront de l’ouverture éventuelles d’enquêtes.
Un héritage difficile à porter
La nécessité de cette cellule a été soulignée par des révélations récentes concernant des abus sexuels survenus dans les années 70, au collège Saint-André de Colmar. Ces faits ont secoué l’établissement, suscitant des appels à la transparence et à la reconnaissance des souffrances passées. "C'est un héritage qui est dur à porter", admet Arnaud Pfertzel, le chef de l’établissement. "Nous devons faire face à notre histoire et ne pas la balayer sous le tapis." Il évoque également l’espoir d’un lâcher-prise qui pourrait conduire à de nouveaux signalements.
La cellule d'écoute peut être contactée par mail à cellule.ecoute@ddec-alsace.fr. Parallèlement, un autre dispositif d'écoute a été mis en place pour les victimes d'abus sexuels au sein de l'Église, à la suite d'une convention signée en 2022 entre le diocèse de Strasbourg et l'association SOS Aide aux Habitants - France Victimes 67, visant à améliorer le suivi des victimes.







