Les quatre astronautes de la mission Artémis 2 de la NASA, actuellement en orbite autour de la Terre après un lancement réussi, se tiennent prêts pour un voyage vers la Lune, prévu pour ce lundi.
Il s'agit du premier vol habité vers la Lune depuis la fin du programme Apollo en 1972, même si le vaisseau spatial Orion n'y atterrira pas. Il effectuera un survol, passant derrière la face cachée de la Lune, avant de revenir sur Terre le 10 avril.
L'engin spatial doit réaliser une manœuvre qui l'enverra dans la sphère d'influence lunaire, permettant à la capsule de revenir directement vers la Terre sans aucun besoin de propulsion supplémentaire.
À bord, les astronautes américains Reid Wiseman, Victor Glover, et Christina Koch, ainsi que le Canadien Jeremy Hansen, évoluent à environ 7 000 km/h, en orbite plus éloignée que celle de la Station spatiale internationale, tout en réalisant diverses vérifications techniques.
Les responsables de la mission, basés à Houston, se réuniront pour évaluer les performances d'Orion et décider si l'équipage peut procéder à la manœuvre de sortie de l'orbite terrestre, une étape cruciale attendue aux alentours de 23h00 GMT.
Une fois lancés vers la Lune, il ne sera plus possible de revenir en arrière. Orion devra compter sur la gravité lunaire pour effectuer manœuvre de retour sur notre planète.
Le matin même, aux alentours de 12h00 GMT, les astronautes avaient réalisé une brève activation de leur moteur pour ajuster leur orbite, avant de reprendre quelques heures de sommeil. Cette mission est vue comme "le premier acte, une mission test" en vue d'un retour sur la Lune prévu pour 2028, a déclaré Jared Isaacman, un ancien administrateur de la NASA.
À ce jour, la mission se déroule sans incident majeur. La fusée Space Launch System (SLS) a décollé avec succès, et un problème initial lié aux toilettes a été rapidement résolu.
Victor Glover a piloté le vaisseau pour une simulation d'amarrage avec un autre engin, et l'exercice s'est parfaitement déroulé, ajoutant ainsi une note d'optimisme à la mission.
Le programme Artémis, qui a nécessité des investissements considérables, a accumulé plusieurs années de retard. "La NASA a vraiment besoin que ça fonctionne", a déclaré Casey Dreier, expert de The Planetary Society, soulignant les préoccupations internes vis-à-vis des budgets et des départs en masse de chercheurs, notamment ceux impliqués dans les études climatiques.
Dans un cadre européen, des discussions sont en cours concernant la participation des astronautes européens dans les futures missions lunaires. Josef Aschbacher, à la tête de l'Agence spatiale européenne, a indiqué qu'une négociation avec la NASA était inévitable, surtout après que la NASA a modifié le programme Artémis pour annuler la station lunaire initialement prévue.
Avec un équipage historique – le premier à inclure une femme, un homme noir et un non-Américain sur une mission lunaire – la mission Artémis 2 marque une avancée significative et fait briller l'espoir d'une évolution dans l'exploration spatiale.







