Israël a intensifié ses bombardements dimanche à Beyrouth et dans sa banlieue sud, zone traditionnellement contrôlée par le Hezbollah. Ces frappes ont également conduit à la fermeture du principal poste-frontière avec la Syrie, mettant l'accent sur la fragilité de la situation sécuritaire dans la région.
Le groupe pro-iranien Hezbollah a annoncé avoir lancé un missile de croisière contre un navire de guerre israélien à proximité des côtes libanaises. Cependant, l'armée israélienne a dû déclarer qu'elle n'avait pas connaissance d'une telle offensive, ajoutant à la confusion dans le climat tendu de la région.
Une des frappes israéliennes s'est approchée dangereusement de l'hôpital Rafic Hariri, le plus grand établissement public du Liban, provoquant l'inquiétude des habitants. Un photographe de l'AFP a rapporté avoir vu des missiles frapper des bâtiments, tandis que des jets israéliens survolaient la ville à très basse altitude.
Les attaques se sont également concentrées sur divers quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, largement évacuée, selon les informations de l'AFP et d'autres médias locaux.
L'armée israélienne a justifié ses opérations comme étant des ciblages d'infrastructures militaires du Hezbollah. Ces actions surviennent après des menaces israéliennes qui ont conduit à la fermeture du poste-frontière de Masnaa, une voie essentielle pour le commerce entre le Liban et la Syrie.
Selon un porte-parole de l'armée israélienne, le Hezbollah utilise ce poste à des fins militaires, ce qui a suscité des préoccupations quant à la sécurité de cette zone. Le poste-frontière a été pratiquement déserté, un témoin de l'AFP rapportant qu'il ne restait que quelques gardes.
Mazen Aloush, directeur des relations publiques de l'Autorité syrienne des frontières, a affirmé que la circulation à ce poste était temporairement suspendue, insistant sur le fait que le passage était exclusivement destiné à un usage civil. Cependant, la rivalité prolongée entre le Hezbollah et les nouvelles autorités en Syrie complique davantage la situation.
Des experts, comme Hassan Jouni, soulignent que ces menaces israéliennes visent à exercer une pression sur le gouvernement libanais pour désarmer le Hezbollah. Pour les habitants, cette instabilité se traduit par des files d'attente interminables aux autres postes-frontières, notamment à Joussiyé.
Le poste de Masnaa est vital pour le commerce et le transport des biens, et sa fermeture rappelle des événements passés où Israël avait déjà ciblé la zone, perturbant le trafic pendant des semaines après ses frappes en 2024.
La situation s’est aggravée le 2 mars, lorsque le Hezbollah a riposté à une attaque israélienne en tirant des roquettes, ce qui a entraîné une escalade des violences. Plus de 1.400 personnes, y compris de nombreux enfants, ont perdu la vie, et de nombreuses familles restent déplacées.
Dans le sud du Liban, des frappes ont causé la mort de plusieurs personnes, dont une fillette de quatre ans, exacerbant la crise humanitaire déjà sévère. L'armée israélienne a ordonné l'évacuation des habitants, mais la situation demeure critique pour ceux qui n’ont pas eu les moyens de fuir.
Le président libanais, Joseph Aoun, a récemment appelé à des négociations avec Israël pour mettre fin à ces hostilités, plaidant pour la protection des civils et des infrastructures restantes. "Pourquoi ne pas négocier pour sauver les maisons encore debout?", a-t-il déclaré dans un discours exhortant à un dialogue urgent.







