Les élections législatives prévues pour le 12 avril pourraient-elles sonner la fin du règne de seize ans de Viktor Orbán ? C'est ce qu'espèrent de nombreux partenaires au sein de l'UE, alors que l'opposant pro-européen Péter Magyar semble en tête dans les sondages. En multipliant les provocations contre l'élite bruxelloise, en bloquant l'envoi d'aide à l'Ukraine et en sapant l'État de droit, Orbán devient une épine de plus en plus douloureuse pour l'Union européenne. Ainsi, l'affaire récente où Budapest aurait transmis des informations sensibles à Moscou n'a pas provoqué la réaction attendue de Bruxelles, qui s'est contentée de qualifier cet acte de "très inquiétant".
Il est surprenant de constater que les institutions européennes ne se risquent pas à commenter ce scrutin crucial. Lors de la dernière session du Parlement européen, pourtant souvent critique à l'égard d'Orbán, le contexte électoral a incité les eurodéputés à se montrer prudents. Un représentant du groupe centriste Renew indique même que "Orbán n'attend que ça, une dénonciation de notre part pour remettre en cause notre ingérence".
Péter Magyar, bien conscient des enjeux, a demandé à différents groupes politiques de garder un ton mesuré, craignant que des critiques ouvertes ne jouent en faveur de la propagande du gouvernement hongrois. Alors qu'Orbán a récemment bloqué un plan d'aide de 90 milliards d'euros pour l'Ukraine, une partie des électeurs hongrois redoute que sa défaite ne les entraîne dans un conflit. Un sondage récent du Centre de recherche 21 révèle que 23 % des Hongrois craignent un rapprochement avec l'Ukraine si Magyar accède au pouvoir.
Malgré les préoccupations croissantes des membres de l'UE, les critiques envers Orbán connaissent une nouvelle fois un temps d'arrêt. L'accent est mis sur la nécessité d'approcher la politique hongroise avec précaution, car chaque déclaration peut être instrumentalisée par le gouvernement en place. Alors que les élections approchent, la situation en Hongrie soulève des questions pressantes sur l'avenir de la démocratie et de l'État de droit dans le pays.







