Des médias révèlent que la Hongrie aurait transmis des informations sensibles à la Russie, mettant en lumière des échanges téléphoniques notamment entre le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, et son homologue Sergueï Lavrov. Une série d'enquêtes lancées par un consortium de médias est-européens, dont La Parisien, ont souligné ces échanges qui laissent planer un doute sur la loyauté de la Hongrie vis-à-vis de l'Union européenne.
Les accusations portées sur Péter Szijjártó
Fin mars, le Washington Post avait été le premier à rapporter que la Hongrie était soupçonnée de distiller des informations vers Moscou depuis plusieurs années. Ce quotidien américain révélait que Szijjártó profitait de pauses durant des réunions du Conseil de l'UE pour tenir en temps réel Lavrov informé des discussions, rendant ainsi la Russie omniprésente lors des délibérations européennes.
Un lien qui n’a pas échappé au consortium de médias est-européens, qui affirme que ce ministre a fourni des données stratégiques à la Russie, notamment en faveur de demandes de levée de sanctions visant des oligarques russes.
La réponse hongroise face à la tempête médiatique
Suite à ces révélations, le Premier ministre Viktor Orbán a dénoncé des atteintes à la souveraineté hongroise, qualifiant les interceptions téléphoniques de « grave attaque » contre le pays. Szijjártó, quant à lui, a réagi en qualifiant ces affirmations de « fake news », se défendant d'être un espion et dénonçant une ingérence étrangère dans les affaires hongroises.
Il a cherché à minimiser ces échanges lors d'un meeting électoral, affirmant que de telles discussions sont courantes et nécessaires avec divers pays, y compris la Russie.
La réaction de l'Union européenne
L'UE ne s'est pas fait attendre et a exprimé une grande préoccupation face à ces allégations. Paula Pinho, porte-parole de la Commission européenne, a appelé la Hongrie à fournir des éclaircissements, soulignant que des affiliations avec la Russie compromettent gravement les intérêts de l'Union. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission, a prévu d'aborder ce sujet avec ses homologues européens.
Du côté français, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé une trahison de la Hongrie, souhaitant que la solidarité européenne soit une priorité. Il a exprimé que la transmission d’informations sensibles au Kremlin, si elle était avérée, serait intolérable et nuirait à l’intégrité des délibérations de l’UE.
Ces événements soulèvent des questions sur l'engagement de la Hongrie dans l'Union, tandis que les tensions géopolitiques s'intensifient. La quête de solidarité entre nations européennes semble plus cruciale que jamais pour faire face aux défis actuels.







