Près de 15 heures de discussions intensives ont eu lieu à Islamabad entre des hauts responsables iraniens et américains, visant à établir un accord durable face à un conflit qui impacte l'économie mondiale.
Ces pourparlers, qui marquent un moment inédit depuis la Révolution islamique de 1979, se déroulent avec l'appui du gouvernement pakistanais, facilitant un cessez-le-feu de deux semaines en vigueur depuis mercredi dernier, selon la Maison Blanche.
Les négociations, ayant débuté samedi, se sont prolongées jusqu’à plus de minuit, mettant en scène un cadre diplomatique discret dans un grand hôtel de la capitale pakistanaise, loin des caméras. Les deux parties ont pris une pause, laissant présager une reprise des discussions aux premières heures de la matinée.
Le président américain Donald Trump a déclaré : "Nous sommes en train de négocier avec l'Iran. Nous avons déjà gagné sur le plan militaire, alors peu importe le résultat", laissant entendre une impatience face aux avancées des pourparlers.
La délégation américaine est conduite par le vice-président JD Vance, accompagné de l’émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de Trump, tandis que l'Iran est représenté par des figures influentes, dont Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement.
Un responsable pakistanais a déclaré à l'AFP que les discussions progressent dans un esprit de cordialité, bien que les images des pourparlers demeurent absentes. L'enjeu principal concerne le passage stratégique du détroit d'Ormuz, crucial pour les approvisionnements en hydrocarbures, actuellement entravé par le conflit, impactant les marchés internationaux.
Les médias iraniens rapportent que la partie américaine a présenté des exigences jugées "excessives" lors des négociations. Alors que l'armée américaine a affirmé que deux de ses destroyers avaient traversé le détroit pour préparer son déminage, Trump a ajouté que cela relevait d'une opération de "nettoyage".
Les Gardiens de la Révolution, force d'élite iranienne, ont averti qu'ils répondraient avec "fermeté" aux navires militaires dans la région. Depuis le déclenchement du conflit le 28 février, marqué par une offensive israélo-américaine, des milliers de vies ont été perdues, principalement en Iran et au Liban.
Malgré les avancées évoquées par certaines sources officielles, des désaccords restent significatifs, notamment autour des sanctions imposées à l'Iran, du rôle du Hezbollah libanais face à Israël et du sort des avoirs iraniens. Des agences comme Fars et Tasnim ont fait état d'une acceptation potentielle des États-Unis de libérer certains fonds, tandis qu'un responsable américain a démenti cette information.
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a décrit cette phase comme cruciale, soulignant qu'il s'agissait d'une opportunité décisive pour établir une paix durable. Les doutes persistent au sein de la population iranienne, où les voix critiques s'élèvent contre les intentions de Trump et la fiabilité des négociations.
En parallèle, des frappes israéliennes récentes au Liban ont causé des pertes humaines importantes, exacerbant la tension dans la région. Alors que les discussions se poursuivent, chaque partie reste sur ses gardes, espérant un rétablissement de la paix, mais conscients des défis à venir.







