Hongrie : un tournant décisif pour l'avenir d'Orban

Les Hongrois votent pour un avenir incertain, entre l'ombre d'Orban et l'espoir d'alternatives.
Hongrie : un tournant décisif pour l'avenir d'Orban
©Attila KISBENEDEK, AFP - Le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors de son meeting de clôture de campagne à Budapest le 11 avril 2026

Les électeurs hongrois se sont rendus aux urnes dimanche pour des législatives historiques qui pourraient marquer la fin de l'ère Viktor Orban, au pouvoir depuis 16 ans. Ce scrutin est observé de près par de nombreuses capitales, notamment en Europe et aux États-Unis.

Les bureaux de vote ont ouvert leurs portes à 06H00 (04H00 GMT) et resteront ouverts jusqu’à 19H00.

7,5 millions d'électeurs, ainsi que plus de 500 000 Hongrois vivant à l'étranger, doivent choisir parmi cinq partis dans un système électoral favorable au Fidesz.

Les sondages d'opinion prédisent une victoire écrasante pour le parti Tisza, dirigé par le conservateur pro-européen Peter Magyar, qui a su rassembler une opposition capable de contester le Premier ministre nationaliste. La popularité d'Orban a fortement chuté ces dernières années.

Les partisans d'Orban, notamment les institutions proches du pouvoir, s'attendent néanmoins à ce que la coalition Fidesz-KDNP remporte le cinquième mandat consécutif. Cependant, une nervosité palpable s’observe au sein du Fidesz, soutenu par l'ex-président américain Donald Trump.

Trump et son vice-président JD Vance ont exprimé leur soutien à Orban lors d'une visite à Budapest, critiquant l'« ingérence » européenne et vantant le leadership du Hongrois dans la lutte contre l'immigration.

Orban, reconnu comme un exemple par certains mouvements d'extrême droite globalement, a également cultivé des relations étroites avec le président russe Vladimir Poutine, tout en s’opposant régulièrement aux sanctions de l'Union européenne suite à l’invasion de l'Ukraine en 2022.

Bien que Bruxelles se garde de commentaires directs, certains diplomates estiment que les États membres seraient ravis de voir Orban quitter le pouvoir, la patience ayant atteint ses limites avec ses dérives sur l'État de droit.

Durant sa campagne, Orban a promis de continuer ses politiques contre les organisations de la société civile qu'il qualifie de « fausses » et a réitéré sa position sur l'Ukraine, accusant le pays de vouloir entraîner la Hongrie dans le conflit. Cependant, la stagnation économique et la corruption croissante suscitent des doutes sur l’efficacité de son message.

« Le Fidesz mène une campagne principalement négative », souligne Andrea Szabo, sociologue à l'université ELTE, notant l'absence de discours unificateur et un accent excessif sur la guerre.

Peter Magyar, 45 ans, ancien membre du Fidesz, a parcouru le pays pour promettre des réformes dans les secteurs de la santé et de l'éducation, tout en s'engageant à lutter contre la corruption et à restaurer la démocratie.

« Une nouvelle ère, une Hongrie vivable est essentielle », affirme Daniel Pasztor, 60 ans, un retraité engagé. En revanche, Attila Szoke, un taxi-joeur, redoute les conséquences d'une victoire de Tisza.

Les analystes s'attendent à un taux de participation record, autour de 75 %, avec des premiers résultats prévus rapidement après la fermeture des bureaux de vote. Toutefois, des tensions entourent la légitimité du scrutin, avec des accusations d'ingérence russe et d'achat de votes visant le Fidesz. Orban, de son côté, a accusé Tisza de complots avec des puissances étrangères pour manipuler le vote.

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