A travers le Moyen-Orient, le climat d'inquiétude s'intensifie à la suite de l'échec des négociations entre les États-Unis et l'Iran. Une population lasse des conflits s'interroge sur un avenir où la guerre, qui a fait rage depuis la fin février, pourrait enflammer à tout moment la région.
Les discussions qui se sont tenues récemment au Pakistan, sans lendemain quelconque, ont conduit à un regain d'animosité, les Américains et les Iraniens se positionnant à nouveau sur un terrain belliqueux. Le président Donald Trump n’a pas tardé à affirmer dans une déclaration que les États-Unis étaient capables de "anéantir l'Iran en une journée", ajoutant un blocus au détroit d'Ormuz. Cette position à l'emporte-pièce a été qualifiée de "menaces ridicules" par des responsables iraniens, qui affirment qu'ils ne fléchiront pas face à la pression.
Alors que le cessez-le-feu, fragile, doit expirer le 22 avril, les doutes s'accumulent. Imane, mère de famille égyptienne vivant à Abou Dhabi, partage son angoisse face à la perspective de nouvelles violences, surtout en raison des tensions entre l'Iran et les monarchies du Golfe soutenues par Washington. "J'essaie de rester calme devant mes enfants, mais la peur d'une reprise des attaques me ronge", explique-t-elle.
Khalil, un ingénieur de 29 ans, souligne également le besoin pour les pays du Golfe de s'impliquer dans les discussions. En effet, les infrastructures civiles ont été durement touchées par les récents conflits. "Il n'est pas surprenant qu'un échec ait eu lieu car les positions des deux camps sont irréconciliables", ajoute-t-il.
D'un autre côté, Aishah, consultante en économie à Doha, se dit déçue par l'issue des pourparlers, expliquant que l'incertitude est pesante. "Tout peut changer à tout moment, c’est désolant", confie-t-elle. Amin, pharmacien égyptien, partage cette pensée et trouve que les exigences de chaque partie s’éloignent trop de celles de l’autre, rendant tout compromis impossible.
À Tel-Aviv, la scepticisme est également de mise. Laura Kaufman, enseignante, admet ne pas avoir beaucoup d'espoir concernant les négociations. Un sondage récent révèle qu'à peine 10% des Israéliens estiment que la guerre contre l'Iran a été un succès, une majorité les jugeant plutôt infructueuses.
Au nord, la situation au Liban demeure critique, avec des bombardements israéliens qui ne cessent de frapper. Bien que le cessez-le-feu ait été décrété, les frappes ont été meurtrières. Tamara, jeune vendeuse à Beyrouth, rappelle que les combats persistent, démontrant que la réalité sur le terrain est bien éloignée des discussions diplomatiques.
Kamal, dentiste à Beyrouth, évoque l'impact potentiel de l'échec des négociations : "Un dénouement positif pourrait apporter une accalmie, mais l'absence de progrès aura des répercussions sur l'ensemble de la région". En effet, la peur d'une escalade des hostilités pèse sur les esprits, comme le souligne ce dernier : "Seul un fou n'aurait pas peur".







