L'élection en Hongrie a puissamment résonné dans les rues et le métro de Budapest, alors qu'un slogan anti-russe a galvanisé la jeunesse hongroise. Le cri « Ruszkik haza ! », signifiant littéralement « Russes, rentrez chez vous ! », est devenu un véritable hymne, symbolisant le rejet des relations entre le gouvernement de Viktor Orbán et la Russie.
Les soupçons quant aux liens étroits entre les dirigeants hongrois et le Kremlin ont joué un rôle important lors de cette campagne électorale. Péter Magyar, l'opposant pro-européen qui a remporté les élections, a déclaré : « Ce soir, nous tournons la page d'un cauchemar. » Ses paroles résonnent comme un reflet des espoirs d'une jeunesse fatiguée par la direction d'Orbán, célèbre pour sa proximité avec des régimes controversés à travers le monde, y compris celui de Vladimir Poutine.
Une relation complexe avec la Russie
Le rapprochement entre le régime d'Orbán et celui de Poutine aurait-il influencé le vote ? La Hongrie, autrefois sous domination soviétique, a longtemps été marquée par ses liens historiques avec la Russie. Cependant, depuis son adhésion à l'Union européenne en 2004, les jeunes d'aujourd'hui aspirent à un avenir détaché de cette influence. Selon une analyse de Le Monde, cette génération ne souhaite pas réécrire une histoire aux accents tragiques.
Viktor Orbán est souvent cité comme un modèle par des mouvements d'extrême droite, mais il a également été critique envers les sanctions de l'Union européenne contre Moscou post-invasion de l'Ukraine en 2022, ce qui a alimenté les controverses. La propagation d'enregistrements où le ministre des Affaires étrangères, Péter Szijjarto, faisait l'éloge de son homologue russe, a ajouté à la tension durant la campagne électorale, comme l'a rapporté Le Figaro.
Une poussée vers le changement
Dans un contexte de forte participation, atteignant 77,80 %, particulièrement marquée parmi les jeunes, le message a été clair : la Hongrie veut emprunter une nouvelle voie. Les électeurs ont fait entendre leurs voix, accueillant Orbán à son bureau de vote avec des slogans et des manifestants. Eniko Toth, 32 ans, poussait un questionnement frappant : « S’il perd, je l’espère, il pourra aller à Moscou », brandissant une carte d'embarquement fictive.
Le slogan « Ruszkik haza ! » s'est transformé en un écho puissant, transcendant le passé pour se muer en un véritable manifeste politique, rappelant au pouvoir en place qu’une partie significative de la population refuse toute normalisation avec la Russie. Les cris entendus dans le métro de Budapest symbolisent une nouvelle ère pour la Hongrie, déterminée à dessiner son avenir loin des ombres du passé.







