Le Mali connaît une escalade des violences avec des attaques coordonnées menées par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, en partenariat avec la rébellion touareg. Samedi, ces groupes ont revendiqué des frappes sur des positions clés de la junte au pouvoir dans et autour de Bamako.
Depuis plus d'une décennie, le pays est plongé dans un cycle de conflits lié à la montée des jihadistes, mais cette vague de violence prend une ampleur sans précédent après l'ascension au pouvoir de la junte militaires en 2020. Selon les autorités, les affrontements enclenchés dès l'aube se sont intensifiés dans l’après-midi, particulièrement à Kidal, un bastion des groupes armés indépendantistes.
Selon des sources de l'AFP, ces affrontements ont causé 16 blessés, sans déplorer de pertes humaines majeures jusqu'à présent. Le gouvernement a assuré que la situation était sous contrôle dans toutes les zones ciblées.
Cependant, le Front de libération de l'Azawad (FLA) a affirmé avoir repris le contrôle de Kidal, une ville qui avait été récupérée par l'armée malienne, assistée par le groupe paramilitaire russe Wagner, après avoir été dominée pendant plus d'une décennie par des forces rebelles. Le FLA prétend également avoir conquis plusieurs zones autour de Gao.
Dans un communiqué, le JNIM a déclaré avoir obtenu une "victoire" grâce à une coordination stratégique avec ses "partenaires" et une participation active du FLA, revendiquant explicitement les attaques contre des infrastructures militaires et des personnalités gouvernementales, y compris le ministre de la Défense, Sadio Camara.
Des rumeurs circulent quant à l'état du ministre de la Défense, dont la résidence aurait été endommagée par une explosion, même si son entourage a démenti les informations laissant entendre qu'il était blessé. Au-dessus de Bamako, des hélicoptères ont mené des missions d’observation et des frappes tout au long de la journée, tandis que plusieurs voies menant à des sites sensibles étaient bloquées par les forces de sécurité.
Les tirs sporadiques se poursuivent dans des régions clés, dont Kati, abritant la résidence du chef militaire Assimi Goïta. Charlie Werb, analyste pour Aldebaran Threat Consultants, a déclaré à l'AFP : "Nous sommes face à une offensive coordonnée sans précédent depuis 2012, révélant de graves défaillances de sécurité à Bamako."
Le Mali, en proie à des crises sécuritaires depuis 2012, fait face à une menace accrue de groupes jihadistes, tant affiliés à Al-Qaïda qu'à l'État islamique. En septembre dernier, le JNIM avait déjà revendiqué d'importantes attaques ayant fait plus de 70 morts.
Dans un geste surprenant, le JNIM a également adressé un message à la Russie, proposant une neutralisation des tensions, promettant de ne pas cibler les forces russes au Mali en échange de leur non-intervention. Cela survient dans un contexte où le Mali cherche à renforcer ses liens avec Moscou, particulièrement sur le plan militaire.
En réponse, le ministère russe des Affaires étrangères a condamné ces actes, les qualifiant de menaces directes à la stabilité du Mali, un partenaire important pour la Russie. L'Union africaine a également exprimé sa fermeté face à ces atrocités, affirmant que les attaques exposent gravement la population civile aux dangers.







