La Cour suprême des États-Unis a pris la décision de maintenir temporairement l'accès par voie postale à la mifépristone, une pilule abortive essentielle pour de nombreuses femmes, surtout dans les États où la législation sur l'avortement est particulièrement stricte.
Jeudi, la plus haute instance judiciaire du pays a prolongé sa suspension de la décision d'une cour d'appel conservatrice qui avait limité l'accès à ce médicament. Cette prolongation durera jusqu'à ce que la Cour suprême détermine si elle examinera l'affaire au fond.
Les juges avaient jusqu'à ce jour pour se prononcer sur le recours déposé par les fabricants Danco et GenBioPro, qui commercialisent la mifépristone, utilisée dans la majorité des avortements médicamenteux, représentant près de 66% des IVG aux États-Unis en 2023.
Certains juges, comme Samuel Alito et Clarence Thomas, ont exprimé leur désaccord avec la décision prise, soulevant des préoccupations sur ses implications futures.
Kelly Baden, vice-présidente du Guttmacher Institute, a déclaré : "Cette décision apporte un soulagement tant attendu après des semaines de tensions. Cependant, nous restons prudents."
Danco Technologies a souligné dans sa demande d'urgence que l'interdiction de la téléprescription pourrait engendrer une "confusion immédiate" et un "bouleversement brutal" pour toutes les parties impliquées, y compris les patientes et les pharmacies. Ce blocage représenterait un risque pour la prise de décisions médicales dans un contexte hautement délicat.
Avec la nouvelle législation qui a affaibli le droit à l'avortement depuis 2022, les femmes se retrouvent souvent dans des situations préjudiciables, où la nécessité d'un rendez-vous médical en personne pourrait compliquer encore plus l'accès à l'IVG.
Des données du Guttmacher Institute montrent qu'en 2025, plus d'un quart des femmes ayant avorté par voie médicamenteuse ont recours à la téléprescription, ce qui souligne l'importance de cette méthode d'accès.
Nancy Northup, du Centre pour les droits reproductifs, a résumé : "Bien que cette décision nous donne un peu de temps, l'accès à la mifépristone reste menacé" en raison de la pression politique et des examens en cours par la FDA, motivés par les opposants à l'avortement.
La présidente de Pro-Life America, Marjorie Dannenfelser, a exprimé sa désillusion face à la décision de la Cour, mettant en lumière la tension persistante dans le débat sur l'avortement aux États-Unis.
La Louisiane, un des États avec les lois les plus restrictives en matière d'avortement, a ouvert cette procédure, rappelant ainsi la lutte incessante autour de ces questions sensibles au niveau fédéral.
Historique dans ce contexte, la mifépristone, approuvée en 2000, a été utilisée par plus de 7,5 millions de femmes américaines pour diverses raisons, incluant les IVG et les fausses couches, signalant son rôle crucial dans les soins reproductifs.







