Le reportage "13 Heures découverte" nous conduit à Stromboli, un joyau des îles Éoliennes. Ici se trouve non seulement le volcan le plus actif d'Europe, mais également l'un des plus petits ports du monde. À Ginostra, une poignée d'habitants vivent dans une ambiance de bout du monde, offrant un voyage hors du temps.
À l'aube, s'approcher de Stromboli est une expérience inoubliable. Pour Giovanni d’Ambra, 63 ans, capitaine du bateau Laurana, chaque retour à Stromboli est chargé d’émotion : "C'est toujours beau, les Stromboliens ont raison. Il y a de la magie, c'est certain", confie-t-il. L'accostage à Ginostra, difficile avec son port exigu, nécessite une attention particulière, surtout pour le ferry de 122 mètres.
Giovanni d’Ambra remarque les défis d'amarrer le bateau : "Le quai n'est pas construit à 90 degrés, il s'étend légèrement vers le sud. Avec la houle, la mer monte sur le quai, et cela peut être dangereux pour les amarreurs".
Ginostra, un village à l'écart du monde
Niché entre le volcan et la mer, Ginostra est particulièrement vulnérable aux intempéries. Ses dix habitants permanents sont privés de toute connexion routière avec Stromboli, se déplaçant uniquement à pied ou à dos de mule. Un habitant résume la philosophie de vie ici : "Ici, on vit lentement, comme une société devrait fonctionner, mais ce n'est plus vraiment le cas".
Au cœur du village, une épicerie devient un point de ralliement. Bartolo Manfre, son gérant, garantit l'approvisionnement : "On congèle toujours un peu de pain pour les jours de mauvais temps, car sinon, il n'y a plus de livraison". Les habitants, prévoyants, font leurs provisions en fruits et légumes grâce à un jardin potager.
L'accès à l'électricité date de seulement 20 ans, tandis que l'eau demeure précieuse, livrée toutes les deux semaines par un bateau-citerne de Calabre. Un habitant évoque ce lien vital : "S'il n'y a pas d'eau, il n'y a pas de vie".
La vie, entre mer et volcan
Ce mode de vie succin attire de nombreux randonneurs, ainsi que des contemplatifs. Alain Louis, un peintre français, exprime son admiration pour le paysage : "Je ne vois pas l'Etna comme un spectacle, mais comme quelque chose d'accompli et d'équilibré".
Pasquale Giuffre, 77 ans, né à Ginostra, continue à se promener sur les pentes du volcan à la recherche de câpres sauvages : "Il faut récolter avec soin, sinon cela ne repoussera pas". Ce village, avec ses traditions, reste ancré dans son histoire, malgré les menaces de l'activité volcanique. En 2019, une éruption a provoqué des incendies, mais Pasquale persiste : "Je comprends le volcan, c'est un lien unique".
Pour vivre en harmonie, la plupart des résidents de Ginostra ont dû investir ailleurs, en prévision d'une éruption prolongée du Stromboli qui pourrait les forcer à quitter leur chez-soi.







