Le gouvernement a présenté ce jeudi 21 mai un dispositif d'aides destiné à atténuer l'impact de la hausse des prix des carburants. Lors de son apparition au journal de 20 heures, Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté, a décrit ces mesures dans un contexte où "la fin de la guerre rapide" est désormais considérée comme inatteignable, augmentant ainsi l'urgence d'une réponse adaptée.
Léa Salamé : Vous avez proposé de nouvelles aides ciblées. Pourquoi ne pas opter pour une réduction des taxes, comme le font plusieurs pays voisins ? Est-ce une question de finances ?
Roland Lescure : Pas du tout. Cette approche serait non seulement inefficace, mais aussi profondément inéquitable. Nous devons soutenir en priorité les personnes les plus vulnérables. Ces nouvelles aides s'inscrivent dans cette logique, et nous avons l'intention d'intensifier nos efforts. En effet, l'optimisme d'il y a un mois a cédé la place à une réalité plus dure, surtout en ce qui concerne le conflit au Moyen-Orient. Les conditions géopolitiques indiquent que la flambée des prix pourrait perdurer.
Concernant les tarifs, les prévisions annoncent une fourchette estimée d'environ 2 euros pour le sans-plomb et 2,20 euros pour le diesel durant l'été.
Quel soutien concret peut-on attendre pour les professions impactées ?
Nous allons prolonger les interventions annoncées en avril et mai pour les professionnels essentiels, tels que les agriculteurs et les transporteurs. Par exemple, les aides pour les "gros rouleurs" passeront de 50 à 100 euros. À propos des aides spécifiques, le "prêt Flash Carburant" a déjà permis de débloquer des fonds significatifs.
Les aides à domicile, représentant 500 000 personnes, bénéficieront également d'une augmentation de l'indemnité kilométrique et d'un soutien pour électrifier leur flotte. Ainsi, nous visons à aider plusieurs catégories de travailleurs sans accroître le fardeau fiscal sur les autres citoyens.
En somme, vous excluez toute nouvelle baisse des taxes sur les carburants ?
Effectivement, baisser les taxes reviendrait à enrichir les pays producteurs, ce qui n'est pas notre but. Nous devons réfléchir à des solutions durables pour le consommateur français. Les autres pays européens, comme l'Espagne, affirment qu'une réduction des prix leur coûte cher et qu'ils luttent pour maintenir leurs aides. Pour nous, l'accent est mis sur un soutien solidaire et efficace.
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