Que peut faire l'OTAN après la chute d'un drone sur un immeuble résidentiel en Roumanie, membre de l'Alliance? L'organisation met en avant l'importance dissuasive de ses messages et de ses réponses adaptées.
La fameuse clause de l'article 5, qui stipule qu'une agression armée contre un membre est une agression contre tous, n'a été activée qu'une seule fois: suite aux attaques du 11 septembre 2001. Cela reste néanmoins un fondement essentiel de la stratégie de l'OTAN en matière de dissuasion et de défense.
L'accident survenu à Galati, près de la frontière ukrainienne, a fait deux blessés légers et a conduit l'OTAN à adopter une réponse organisée. L'Alliance a d'abord exprimé sa solidarité avec la Roumanie par la voix de sa porte-parole, suivie de déclarations du secrétaire général Mark Rutte, condamnant le comportement jugé "irresponsable" de la Russie. L'OTAN a également assuré qu'elle renforcerait sa défense sur sa frontière orientale.
Pourrait-on envisager une réunion des Alliés? Cela ne se produira que si le pays concerné en fait la demande. Pour le grand public, cela peut sembler anodin, mais selon des sources à Bruxelles, l'OTAN insiste sur l'impact de ces déclarations. Dans le monde de la diplomatie, chaque mot compte, et la Russie est attentive à ces signaux. En effet, le déclenchement de l'article 4, qui autorise des consultations lorsque la sécurité d'un membre est menacée, est considéré comme un pas important. Selon des experts, cela a parfois influencé la conduite russe.
L'article 4 a été activé neuf fois dans l'histoire de l'OTAN, dont trois fois avant l'annexion de la Crimée par la Russie, et six fois depuis 2014, avec trois activations depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022. Ces consultations, généralement discrètes, se traduisent souvent par des décisions visant à renforcer la capacité dissuasive de l'Alliance, essentielle depuis sa création en 1949.
Par exemple, suite à une demande de la Pologne en septembre 2025, une intrusion de drones russes a conduit à l'opération "Sentinelle orientale", augmentant ainsi les capacités militaires de l'OTAN en ajoutant des avions de chasse et des systèmes de défense aérienne dans la région.
La crise en mer Baltique a également conduit à des mesures similaires, avec l'opération "Sentinelle baltique", amorcée en janvier 2025, sans toutefois que l'article 4 soit activé cette fois-ci. En septembre dernier, l'article 4 a été déclenché à deux reprises, d'abord à la suite de la Pologne, puis de l'Estonie, après que des avions russes aient survolé son territoire.







