Trois ans après les événements marquants d'une grève ayant secoué l'industrie cinématographique, les studios d'Hollywood et les syndicats d'artistes se sont enfin entendus sur les enjeux entourant l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA). Cet accord, en discussion pour approbation par les membres du syndicat, vise à encadrer la reproduction d'artistes vivants ou décédés, l'utilisation de répliques synthétiques, ainsi que le doublage des voix.
Duncan Crabtree-Ireland, négociateur en chef du syndicat SAG-AFTRA, représentant plus de 160,000 artistes issus du cinéma, de la télévision ou même des jeux vidéo, a déclaré que bien que les discussions aient été "très intenses", la dynamique a été "beaucoup plus collaborative". Selon lui, les conflits de 2023 ont contribué à apaiser les relations entre les studios et les syndicats, révélant une compréhension partagée de l'importance de l'IA pour les artistes.
Les acteurs, soutenus par leurs collègues scénaristes, avaient lancé un appel à l'action pour une rémunération équitable et un encadrement strict de l'IA. Cette union a mené à une paralysie temporaire de la production de films, soulignant la nécessité d'un dialogue constructif. Les studios, de leur côté, semblent désormais plus conscients des préoccupations des membres du syndicat, en convenant que la majorité des tâches doivent impérativement être accomplies par des humains.
Nouvelles protections contre l'IA
Malgré cette avancée, les craintes liées à l'IA persistent, reconnait Duncan Crabtree-Ireland, en citant des exemples concrets comme Tilly Norwood, un personnage IA qui a fait sensation dans un court-métrage en 2025. Le nouvel accord ne rejette pas l'utilisation de l'IA, mais établit des règles claires pour protéger les artistes.
Il classifie les différentes instances d'utilisation de l’IA en deux catégories. D’une part, les répliques numériques lorsque l'IA est sollicitée pour reproduire un artiste, vivant ou ayant existé. Dans ces cas, un consentement et une rémunération équitable sont indispensables, explique Crabtree-Ireland.
D’autre part, les répliques synthétiques, qui englobent des personnages conçus par l’IA sans référence à une personne réelle, ne nécessitent pas de consentement ni de rémunération. Toutefois, cet accord stipule que ces répliques devront être utilisées uniquement dans des situations exceptionnelles. Bien que l'interdiction totale ne soit pas envisagée, des conditions dissuasives sont mises en place pour leur utilisation.
Une autre avancée significative concerne le doublage, en interdisant l'utilisation non autorisée de la voix d'un acteur principal dans d'autres langues. Cet accord, s'il est ratifié, pourrait bien marquer un tournant décisif dans la relation entre l'IA et les arts de la scène, garantissant une protection essentielle pour les artistes dans un monde technologique en constante évolution.







