Le site de Mulhouse choisi pour produire trois nouveaux modèles Peugeot et développer une plateforme innovante.
Antonio Filosa, le directeur général de Stellantis, a annoncé, le 2 juin 2026, un investissement de « plus d'un milliard d'euros en France », visant à produire à Mulhouse trois nouveaux modèles de la marque Peugeot tout en développant une plateforme multi-modèles. Cette initiative est perçue comme un pas important pour garantir la compétitivité du groupe « face aux fabricants chinois qui produisent en Europe ». Les 4.500 salariés de l'usine de Sausheim, Berceau de Peugeot, ont accueilli cette nouvelle avec soulagement, après des années d'attente pour l'obtention de nouveaux modèles, ce site emblématique ayant vu le jour il y a six décennies.
Le plan d'investissement, sans soutien public, se décompose comme suit : 50 % pour la recherche et développement, 40 % pour l'usine alsacienne, et 10 % pour d'autres sites. Plus de 500 millions d'euros seront alloués au développement de la nouvelle plateforme STLA One, qui inclura des innovations telles que la configuration modulaire des châssis et une gestion numérique avancée des batteries pour véhicules électriques.
Un message clair sur le rôle de la France
Filosa a précisé que cette plateforme, essentielle au nouveau plan stratégique de Stellantis, devrait permettre de lancer trente nouveaux modèles à l'échelle mondiale, avec un objectif de production d'un million d'unités d'ici 2030 et deux millions d'ici 2035. Lors d'une visite de l'usine aux côtés des ministres de l'Économie, Roland Lescure, et de l'Industrie, Sébastien Martin, Filosa a affirmé : « C'est un message clair sur le rôle de la France comme pays stratégique pour notre groupe ».
Cet investissement renforce également la position de Peugeot, qui fait désormais partie des quatre marques phares du groupe, aux côtés de Fiat, Jeep, et Ram. Filosa a révélé qu'il prévoit une « augmentation significative des opportunités d'emplois » ainsi qu'une hausse de la production, qui s'élève actuellement à 125.000 véhicules par an, bien en deçà des 300.000 d'il y a quatre ans.
La nouvelle plateforme devrait également permettre une réduction des coûts de 20 % et donner à Stellantis les moyens de rivaliser avec ses concurrents chinois. La société, après avoir subi des pertes majeures en 2025, cherche à renforcer son outil de production et à regagner des parts de marché en Europe, où sa marge de profit était presque nulle au cours du premier trimestre.
Des partenariats chinois
À l’horizon 2030, Stellantis envisage de produire la moitié de ses volumes sur trois plateformes globales, avec une standardisation de 70 % des composants. Parallèlement, le constructeur prévoit de réduire ses capacités de production en Europe de 800.000 unités, sans toutefois fermer d'usines, en s'appuyant sur des partenariats tels que ceux récemment établis avec le chinois Leapmotor en Espagne et Dongfeng à Rennes.
Des accords de coopération de production sont également dans les cartons pour plusieurs usines en Italie, notamment à Pomigliano. Filosa a ajouté : « Nous souhaitons développer des véhicules électriques à Pomigliano, grâce à un partenariat en cours de finalisation ». Le directeur a conclu en détaillant une stratégie inclusive pour l'ensemble du groupe.
Les représentants des travailleurs de Mulhouse ont exprimé leur satisfaction face à cette annonce, qualifiant ce développement de « rayonnement positif ». Deborah Schorr, de FO Stellantis Mulhouse, s'est réjouie : « Après de nombreuses attentes, l'annonce de trois nouveaux modèles est extraordinaire ». Jérôme Jausy, directeur de l'usine, a ajouté : « Nous sommes vraiment fiers et heureux ». Le syndicat CFE-CGC a également salué « le rôle central de Mulhouse dans les projets futurs », tout en notant les « fortes attentes » en matière de volume et de pérennité.
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