Lors de ce procès, les témoignages des patientes qui accusent Pierre Garitte ont révélé leur sidération et la lourde culpabilité qui les a accompagnées après les actes subis. Une partie civile, Anna-Lise (nom d'emprunt pour son anonymat), a partagé son expérience traumatisante, racontant comment elle a tenté d'oublier ce qui lui était arrivé. "J'ai mis ça de côté, dans une case de mauvais souvenirs", a-t-elle déclaré.
Entre 2019 et 2020, l'ostéopathe est accusé d'avoir violé plusieurs femmes, dont Anne-Lise, qui a eu le courage de témoigner en premier. L’"impaire" de son agression réside dans le fait qu'elle a ensuite appris qu'une enquête était en cours. "Je me suis dit : raconter ça, ce sera sa parole contre la mienne", a-t-elle expliqué, tout en ajoutant qu'elle a finalement décidé de parler pour soutenir les autres victimes.
Témoignages révélateurs
Déborah, quant à elle, a été la première à porter plainte en septembre 2020. Elle a révélé qu'après une séance où le praticien avait agi de manière inappropriée, elle avait pris la décision de ne plus jamais le revoir. Pourtant, en 2019, elle s'est retrouvée de nouveau entre ses mains. Rappelant ce moment, elle a commenté : "C'était comme si le temps s'était arrêté, j'étais dans un état de choc." Elle a également rapporté la phrase choquante du praticien : "C'était l'âme de ta maman qui était coincée dans ton utérus, je viens de la libérer."
Une lutte pour la vérité
Aujourd'hui, Déborah peine à exprimer son regret d'avoir recommandé cet ostéopathe à des amies. "J'aimerais dire que ce n'est pas ma faute, mais j'aurais dû réaliser qu'il n'était pas un bon praticien", a-t-elle déclaré, les larmes aux yeux. D'autres patientes présentes dans la salle ont manifesté leur solidarité envers elle, renforçant l'importance de cette démarche collective.
Ce procès, qui devrait durer jusqu'au 10 juin, est emblématique du combat contre les violences sexuelles, un sujet qui reste malheureusement tabou. Les expertise et témoignages des victimes constituent un enjeu crucial pour faire entendre leur voix et obtenir justice, face à des actes d'une profonde gravité. La société regarde, et peut-être que la prise de conscience que cette affaire engendre conduira d'autres victimes à se manifester.







