L'association JURDI, qui œuvre pour le respect du droit international, a décidé d'assigner en justice l'usine Timken de Colmar, qui est la filiale européenne d'une multinationale américaine. Cette action repose sur des accusations portées contre l'usine, qui serait impliquée dans la fourniture de roulements à billes destinés à la fabrication de chars israéliens.
Selon les enquêtes menées par JURDI, l'usine haut-rhinoise serait en relation avec Ashot Ashkelon, une entreprise israélienne active dans le secteur de la défense. Comme le souligne Grégory Thuan, avocat de l'association, "Les produits fabriqués par la filiale colmarienne, notamment des roulements à billes de haute précision, sont utilisés par les forces armées israéliennes. Ces roulements jouent un rôle crucial dans le fonctionnement du char Merkava, qui opère dans des zones de conflit, notamment dans le sud-Liban et Gaza." Cette situation soulève des préoccupations majeures en matière de droit international.
Responsabilité légale
Grégory Thuan insiste : "Une entreprise de cette envergure doit être consciente de l'utilisation de ses produits et de leurs destinataires finaux. Dans le contexte actuel, les décisions rendues par la Cour internationale de Justice et les rapports accablants des Nations Unies, notamment celui de la Commission d'enquête internationale, pointent vers des graves violations des droits humains, y compris des crimes de guerre et des atrocités. Les entreprises telles que Timken ont une responsabilité légale à cet égard."
Pour remédier à la situation, Jurdi exige l'annulation des contrats en cours ainsi que l'arrêt de toute collaboration future entre l'usine et l'industrie militaire israélienne. Une première audience civile est prévue le 6 octobre prochain au tribunal judiciaire de Colmar. De son côté, Timken a réagi en déclarant que cette assignation contient "des inexactitudes significatives qui dénaturent les faits".







