L’exécutif commence à reconnaître un problème de financement pour l’institution judiciaire. Emmanuel Macron souligne l’importance de la confiance envers nos institutions.
La tragédie entourant la mort de Lyhanna continue de susciter colère et émotion. Mercredi 10 juin, devant le Sénat, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé la mise en place d'un « décret sur la nécessité de motiver » les classements sans suite liés à des plaintes pour crimes sexuels contre des mineurs. Jérôme B., le principal suspect, avait déjà fait l'objet de plusieurs plaintes classées sans suite.
Lecornu souligne un déficit de moyens
Cette annonce fait écho à d'autres mesures annoncées par le chef du gouvernement : notamment un durcissement des peines pour les violeurs en série sur mineurs, qui pourraient encourir la réclusion à perpétuité au lieu de 20 ans, et l’obligation de terminer les enquêtes dans un délai de trois mois. Le Premier ministre a également admetté qu'il y a un réel problème de moyens pour l’institution judiciaire, tout en précisant que cela n’était pas lié à l'affaire de Lyhanna. Selon les premiers retours d'enquête, des « dysfonctionnements » ont été identifiés, qui ne relèvent pas d'un déficit financier, ce qu’a nié le gouvernement dans le passé. Cependant, la famille de Lyhanna affirme que les manques de moyens sont le véritable cœur du problème.
Le vendredi 5 juin, après l'identification du corps de Lyhanna retrouvé dans un silo agricole à Puycasquier (Gers), Emmanuel Macron avait auparavant rejeté l'idée d'un manque de moyens, appelant à une réponse « de fermeté et d’organisation ». Il avait aussi exigé des enquêtes administratives « les plus rapides possible » afin d’évaluer les responsabilités.
Une lente réaction de l'État
Cinq jours plus tard, lors d'une visite à l'hôpital pédiatrique Robert-Debré à Paris, le président a reconnu que l'État devrait agir plus rapidement pour protéger les enfants victimes de violences. « Nous avons amélioré nos lois, mais nous n'avons pas agi suffisamment rapidement concernant l'éloignement des agresseurs », a admis le président. Il a souligné que bien que des progrès aient été réalisés sur les violences sexistes et sexuelles, les enfants restent souvent à l'écart de la protection nécessaire. Lors d'un conseil des ministres le 10 juin, il a également abordé la question de la confiance du public dans nos institutions. Soucieux d'éviter toute «démagogie », il a appelé à attendre les résultats des enquêtes administratives qui doivent être remises le 19 juin, afin que le gouvernement puisse agir « avec méthode ».
Avec AFP
Les obsèques de Lyhanna prévues pour le 12 juin
Les obsèques de Lyhanna auront lieu le vendredi 12 juin, « dans la plus stricte intimité », à la demande de la famille, selon l’avocat, François Roujou de Boubée. L’enterrement est fixé à 14 h 30, au cimetière de Fleurance, la ville où elle était scolarisée. Une plainte pour viol sur mineure déposée en mars à Saint-Brieuc pourrait être liée à l'affaire de Lyhanna, indiquent les autorités.
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