La chambre commerciale du tribunal de Paris a prononcé, mercredi 10 juin, la liquidation judiciaire de l'entreprise Swap, anciennement connue sous le nom d'Umiami, qui était implantée à Duppigheim sur l'ancien site de Knorr. Spécialisée dans la production de filets de viande végétaux haut de gamme, elle employait 48 personnes en Alsace.
48 salariés en Alsace
Le coup de grâce a été donné : à partir du 15 juin, l'aventure de Swap prend fin. L'entreprise était sous le coup d'une liquidation judiciaire depuis avril, attendant qu'un repreneur se manifeste. Si un intéressant repreneur avait exprimé son intention de récupérer une partie de l'outil de production, ce dernier a finalement fait marche arrière avant l'audience, laissant des doutes quant à l'avenir du site.
Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) sera lancé pour les 48 salariés du site de Duppigheim, qui avait été redémarré au printemps 2023, ainsi que pour les 18 autres employés basés en région parisienne. Les locaux, précédemment à Knorr, sont maintenant sous la gestion d'un liquidateur judiciaire, nommé par le tribunal.
Swap, que l'on voyait comme un potentiel pilier de la foodtech en France, n'a cependant pas réussi à s'imposer sur le marché concurrentiel des protéines végétales, un secteur en plein essor. Comme l'indiquent plusieurs experts du domaine, la compétition avec d'autres acteurs bien établis a constitué un véritable défi. “La montée en puissance des alternatives alimentaires végétales nécessite des stratégies innovantes et un positionnement clair”, analysait Jean-Marc Dupont, analyste économique au sein de l'Institut de la nourriture durable.
Cette situation met en lumière les fragilités que peuvent rencontrer les start-ups dans un secteur en constante évolution et interroge sur la viabilité à long terme de nombreux projets similaires, alors que la demande pour des produits d'origine végétale ne cesse de croître. La question qui se pose désormais est : quels enseignements tirer de cet échec pour l'avenir de la foodtech en France ?







