Le Conseil de l'Europe, basé à Strasbourg et gardien des droits humains en Europe, a exprimé une préoccupation croissante concernant les projets de centres de retour pour migrants déboutés hors de l'Union européenne. Dans une lettre adressée à plusieurs pays, dont l'Autriche, le Danemark, l'Allemagne, la Grèce et les Pays-Bas, le commissaire aux droits de l'homme, Michael O’Flaherty, appelle à la prudence.
Les gouvernements de ces cinq États envisagent de créer des « hubs » d'ici la fin de l'année, à la suite de l'adoption en juin par le Parlement européen d'une législation potentiellement controversée qui les y autorise. Cependant, O'Flaherty rappelle qu'il est crucial de procéder à une évaluation exhaustive des risques pour les droits humains avant la mise en place de ces centres.
Il recommande également de développer un plan d'action solide pour prévenir tout abus, en insistant sur la nécessité d'un suivi indépendant et régulier des droits humains. En outre, il plaide pour que tous les accords concernant ces centres soient juridiquement contraignants, afin d'assurer le respect des droits fondamentaux des migrants.
La réaction à la législation a été mitigée, avec des leaders comme le président français Emmanuel Macron qui la considère comme inefficace et non conforme aux valeurs européennes. De nombreuses ONG et représentants de la gauche dénoncent le risque de créer des « zones de non-droit » où les droits des migrants ne seraient pas garantis. Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits humains, Volker Türk, a également exprimé sa désapprobation, notant que les États européens ne peuvent transférer leurs responsabilités à des pays tiers.
La situation reste donc critique et l'avenir de ces centres de retour soulève des inquiétudes, tant sur le plan des droits humains que sur celui de la solidarité européenne.







