Depuis le début des manifestations en Iran à la fin décembre, le bilan est tragique : au moins 45 manifestants ont trouvé la mort, parmi eux huit mineurs, selon le rapport de l'ONG Iran Human Rights (IHR) basé en Norvège. Le président iranien Massoud Pezeshkian a exhorté à "la plus grande retenue" alors que la colère populaire traverse le pays, initialement pour des préoccupations économiques.
Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l'IHR, a averti que la répression devint chaque jour plus violente, faisant mention de centaines de blessés et de plus de 2.000 arrestations. Les événements de mercredi ont été signalés comme la journée la plus meurtrière de cette agitation, avec 13 morts supplémentaires, ajoutant à la détresse d'une population mobilisée depuis 12 jours.
Les médias iraniens, quant à eux, rapportent un total d'au moins 21 morts et des pertes parmi les forces de sécurité. Ce contraste dans les chiffres illustre la confusion qui plane sur l'ampleur de la répression. Des experts, comme le professeur de sciences politiques à l'Université de Téhéran, Dr. Hamed Ghashghavi, estiment que ce nouvel épisode de violence pourrait entraîner des conséquences à long terme pour le régime.
Réponse du gouvernement et censure numérique
En réponse aux manifestations, le gouvernement a mis en place une coupure d'internet à l'échelle nationale, selon l'ONG de surveillance de la cybersécurité Netblocks. Cette décision empêche les citoyens de communiquer et entrave le droit à l'information pendant une période critique. "La censure numérique devient de plus en plus stricte, limitant la capacité des gens à s'exprimer et à s'organiser," souligne Netblocks sur X.
Les manifestations actuelles, rappelant celles qui ont suivi la mort de Mahsa Amini en 2022, sont les plus significatives que le pays ait connues depuis un certain temps. Les troubles s'étendent au-delà des préoccupations économiques : de nombreux Iraniens réclament des réformes politiques et une plus grande liberté.
Alors que la crise se poursuit, la communauté internationale observe avec inquiétude. De nombreux pays, dont la France, ont exprimé leur soutien aux manifestants et condamné la violence du régime. La situation en Iran semble sur le point de prendre un tournant décisif, et le monde attend des développements.







