Cinq ans après l'assaut du Capitole, la Maison-Blanche a publié une version alternative des événements, qualifiant les émeutiers de « patriotes » et affirmant qu'ils sont devenus des victimes d'un système injuste. Ce récit revisité rappelle les thèmes dystopiques d'œuvres comme 1984.
Le 6 janvier 2021, des partisans de Trump, alimentés par des allégations de fraude électorale, ont envahi le Capitole, interrompant le processus de certification des résultats de l'élection présidentielle de Joe Biden. Cet événement, marqué par une violence sans précédent, a été qualifié de « tentative de coup d'État » par de nombreux responsables politiques, et quatre manifestants ainsi qu'un policier y ont perdu la vie.
Dans un texte publié récemment, la Maison-Blanche présente les assaillants comme des « victimes » d'une chasse aux sorcières orchestrée par des dirigeants incompétents, tandis que les véritables événements sont minimisés. Ce point de vue, selon lequel ils auraient été « injustement ciblés », s'inscrit dans une stratégie politique visant à réécrire l'histoire au profit d'une narrative populiste. Les démocrates sont accusés d'avoir manipulé les faits pour créer une image négative de Trump et de ses partisans.
Les théories du complot émergent également, s'appuyant sur l'idée d'un « État profond » manœuvrant en plein jour. Nancy Pelosi est même désignée comme responsable d'avoir orchestré un « spectacle » pour détourner la responsabilité de l'insurrection.
Cette stratégie de communication, selon le New York Times, pourrait avoir renforcé la base électorale de Trump, ciblant une population en quête d'identité et accusant le système d'oppression. On observe clairement que Trump exploite cette souffrance en la transformant en un outil politique, érigeant les émeutiers en martyrs de sa cause.
Le style de communication actuel, qui utilise un langage simpliste et clivant, est un élément central de la rhétorique de Trump, comme l’a souligné la traductrice Bérengère Viennot dans son ouvrage La Mauvaise Langue de Trump. Ce discours, caractérisé par une absence de nuances, divise l'opinion publique et renforce les conflits internes du pays.
Le manque d'excuses pour les actions des émeutiers et l'affirmation d'une victime politicisée résonnent profondément dans le climat sociopolitique actuel, évoquant des dynamiques bien encrées dans l'histoire des États-Unis. Cette interprétation continue d'évoluer, avec le risque d'un impact durable sur la mémoire collective américaine.







