Le feu vert accordé par l'Union européenne à l'accord commercial avec le Mercosur a provoqué un vent de colère dans le paysage politique français. Malgré la fermeté de la position d'Emmanuel Macron, une majorité d'États européens ont validé cet accord, qui pourrait être signé prochainement au Paraguay, comme le rapporte Le Parisien.
Jean-Luc Mélenchon, figure emblématique de La France insoumise, a immédiatement exprimé son indignation sur les réseaux sociaux, qualifiant cette décision de "terrible échec" pour les agriculteurs et les citoyens français. Pour lui, toutes les mesures de précaution prises jusqu'alors sont désormais compromises. "La désobéissance reste notre ultime recours," a-t-il ajouté, alors que son parti a déposé une motion de censure contre le ministre de l'Agriculture, Sébastien Lecornu.
De leur côté, les membres du Rassemblement national ont également dénoncé cet accord. Jean-Philippe Tanguy, député de ce parti, a accusé le président Macron de trahir les agriculteurs en trompant les citoyens sur les conséquences de l'accord. Pour ces opposants, la souveraineté nationale en matière agricole est menacée par ce traité.
La FNSEA, premier syndicat agricole français, a exprimé sa défiance face à l'accord, qualifiant cette décision de "trahison de la souveraineté agricole européenne". Elle a d'ores et déjà appelé à une grande manifestation à Strasbourg le 20 janvier, en réaction à cette annonce. Bertrand Venteau, un des leaders de la Coordination rurale, a également déclaré que le "combat ne fait que commencer", appelant les agriculteurs à se mobiliser.
Face à cette opposition, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a tempéré les ardeurs en affirmant que le processus de ratification finale n'était pas encore définitivement engagé, laissant entrevoir une possibilité que le Parlement européen refuse l'accord. "La messe n’est pas dite," a-t-elle déclaré, évoquant aussi l'option d'une saisine de la Cour de justice de l'Union européenne.
Les tensions entre la France, ses agriculteurs et l'Union européenne sont plus élevées que jamais. Ce nouvel affrontement pourrait réécrire les dynamiques agricoles en Europe et en Amérique du Sud, qu'il s'agisse de traiter des standards sanitaires ou d'accorder des droits compensatoires aux agriculteurs locaux. Les conséquences de cette décision sur le marché européen restent à évaluer dans les mois à venir.







