Les attaques racistes visant le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, et les propos polémiques circulant sur les réseaux sociaux, ébranlent la commune parisienne qui prône la diversité.
Des commentaires tels que "C'est ici la ville des noirs et des arabes?" témoignent de la montée d'un racisme décomplexé, comme l'expliquent les standardistes de la mairie, qui reçoivent quotidiennement des appels empreints de haine. Kelly Kidou, responsable du service accueil, souligne que ces verbalisations toxiques sont une première depuis l'élection de Bagayoko.
Élu avec plus de 50 % des voix, Bally Bagayoko, père de quatre enfants et fils d'immigrés maliens, se retrouve au centre d'une offensive d'une partie de la population. Ce climat hostile a été exacerbé par une campagne de désinformation relayée par l'extrême droite.
Les récentes interventions sur des médias tels que CNews ont suscité l’indignation des parlementaires et des organisations antiracistes. Le Ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a exprimé le soutien du gouvernement tout en envisageant d'éventuelles poursuites contre les auteurs de ces commentaires.
Étonnamment, à quelques pas de la basilique de Saint-Denis, la librairie "La P'tite Denise" se fait l'écho de la richesse culturelle locale. La ville, qui célèbre en ce moment la 54e édition de sa "quinzaine antiraciste et solidaire", met en avant la pluralité de ses habitants, issue de plus de cent nationalités.
Damien, un libraire engagé, indique que cette situation nourrit un esprit de solidarité parmi les citoyens, alors que la société est mise à l'épreuve par les divisions. "On se retrouve tous ensemble autour de ce qui nous unit", partage-t-il.
Le quartier abrite également l'association franco-marocaine, dont le président, Mohammed Ouaddane, déclare : "Attaquer le maire, c'est attaquer la population". Il critique la manière dont les gens sont infantilisés par de tels propos, rappelant que la ville est le reflet d'une France en construction, riche de ses diversités.
Ce samedi, un grand rassemblement citoyen est prévu sur le parvis de l'hôtel de ville, à l'initiative de Bally Bagayoko, dans l'espoir de renforcer les liens et combattre le racisme de manière collective.







