Le projet d'enfouissement des déchets nucléaires les plus radioactifs à Bure, en Meuse, voit son coût largement réévalué par l'État. Passant de 25 milliards d'euros initialement estimés, la facture grimpe désormais à 33,36 milliards d'euros, comme annoncé dans un arrêté publié ce mercredi.
Cette nouvelle évaluation n'est pas vraiment surprise, puisqu'elle s'inscrit dans la fourchette prévue par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), qui avait anticipé un coût compris entre 26,1 et 37,5 milliards d'euros en mai 2025. Des critiques avaient déjà été formulées à l'égard de cette augmentation, notamment par des opposants regroupés autour de ICI Lorraine ici.
Un coût sur 150 ans
L'estimation englobe toutes les phases du projet : conception, construction, exploitation et fermeture, sur une période de 151 ans à partir de 2016. Roland Lescure, ministre de l'Économie, a signé cet arrêté qui a suscité des interrogations. Éliane Romani, conseillère régionale et membre du groupe Les Écologistes Grand Est, s'étonne que l'estimation couvre 150 ans, alors même que les déchets nucléaires ont une durée de vie bien plus longue. "Allons-nous continuer à produire des déchets nucléaires, générant des coûts colossaux pour leur enfouissement ?" s'est-elle interrogée.
Le projet Cigéo vise à stocker à 500 mètres sous terre les déchets les plus radioactifs issus des centrales nucléaires. La demande formelle d'autorisation a été déposée par l'Andra en janvier 2023, mais la décision finale ne sera pas prise avant fin 2027 ou début 2028.
Du côté des militants écologistes et anti-nucléaires, la résistance se poursuit. En mars dernier, la justice a ordonné l'expulsion des occupants de la gare de Luméville-en-Ornois, un site historique de contestation, désormais sur le tracé de la future voie ferrée destinée à transporter les déchets nucléaires vers le site.







