Le projet Cigéo, destiné à l'enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux dans la région de Bure (Meuse), subit une réévaluation de son coût qui s'élève désormais à 33,36 milliards d'euros. Cette somme, révélée par un arrêté publié dans le Journal officiel, dépasse largement les 25 milliards initialement prévus en 2016.
Cette nouvelle estimation se base sur les conditions économiques de janvier 2025 et se rapproche des fourchettes déjà prononcées en mai 2025 par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), dont les prévisions variaient entre 26,1 et 37,5 milliards d'euros. Une mise à jour nécessaire avant l'enquête publique prévue pour fin 2026.
Phase de construction : un coût dépassant 9 milliards d’euros
Ce montant comprend les coûts relatifs à la conception, la construction, l’exploitation et la fermeture du site, s’étendant sur 151 ans à partir de 2016. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, et la ministre déléguée à l'Énergie, Maud Brégeon, ont précisé que le coût de la construction est estimé à 9,74 milliards d'euros. De plus, la fiscalité due par l'Andra est évaluée à 3,66 milliards d'euros.
L'évaluation précédente faite en 2016, qui fixait le coût à 25 milliards d'euros selon les données de Ségolène Royal, doit maintenant servir de base de référence pour les trois principaux acteurs nucléaires, EDF, Orano et le Commissariat à l'énergie atomique, qui financent le projet.
Gestion de 83 000 m3 de déchets radioactifs
Le projet prévoit le stockage de déchets à 500 mètres sous terre, avec 10 000 m3 de déchets à haute activité et 73 000 m3 de déchets de moyenne activité à vie longue. Selon le document de cadrage de février dernier, certains de ces déchets resteront radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d'années, exigeant une protection constante des humains et de l'environnement.
Comme l'explique l'Andra, le stockage géologique profond permet d'isolant les déchets de manière durable grâce à leur profondeur, et la nature imperméable de la roche argileuse dans un environnement géologique stable. Cela réduit le risque de migration de la radioactivité vers la surface sur de très longues périodes.
La demande formelle d'autorisation a été déposée en janvier 2023. Toutefois, la décision est attendue pour fin 2027 ou début 2028, tandis que la mise en service du site est prévue pour 2050. Le projet, cependant, est confronté à une forte opposition de la part d’associations environnementales, qui mettent en avant les enjeux de sécurité et de durabilité liés à ce type de stockage.







