À Ozoir-la-Ferrière, le Ferrière joue sur la chance de ses clients pour fêter son quart de siècle. Rodolphe Mirecourt, le propriétaire, propose un concept audacieux : jusqu’au 16 avril, les clients peuvent tenter de faire baisser leur addition en lançant des dés.
« Avez-vous la baraka ? » s'interroge Rodolphe. Pour marquer les 25 ans de son établissement, il a choisi d’intégrer le hasard dans l’expérience culinaire. « Lors de nos précédentes anniversaires, nous avions distribué des cadeaux. Nous étions frustrés de ne pas avoir pu faire grand-chose pour les 20 ans à cause du Covid. L'idée d'un lancer de dés a émergé naturellement, simple et engageante : on entre, on mange, on joue, et on découvre le résultat. » explique-t-il.
Dans un contexte économique préoccupant, cette initiative vise également à attirer de nouveaux clients. « Ce type de promotion est une manière de relancer la fréquentation. En période de crise, il est crucial de s'adapter et d'innover », souligne l'expert en restauration Xavier Leclerc dans un article de Le Parisien.
Seize gagnants en deux semaines
Pour réaliser ce concept original, Rodolphe a conçu des dés spéciaux. Cinq faces restent vierges, tandis que la dernière révèle « Ferrière 25 ans ». Chaque client a un lancer unique : trois combinaisons gagnantes permettent de remporter le repas, hors boissons.
La carte du restaurant propose une cuisine française traditionnelle revisitée. « Nous avons remis au goût du jour les légumes oubliés. Par exemple, associés à une sauce au poivre vert, le topinambour et le panais accompagnent nos ris de veau, présents depuis le début », détaille le chef de cuisine. Beaucoup de clients de moins de 40 ans n'ont jamais entendu parler de ces légumes !
Le filet de bœuf délecte également les clients, souvent regrettant son absence lors de leur visite. « C’est un plat très apprécié, et si je retire ma purée maison, je m'expose à des réclamations », confie-t-il avec un sourire.
Lancée le 15 mars, l'initiative a eu un impact positif, attirant 250 clients supplémentaires en seulement une semaine. Rodolphe observe : « Les budgets sont serrés, le télétravail réduit les pauses déjeuner, mais pour ceux qui cherchent à s'évader, c'est l'occasion rêvée de faire un pied de nez à une ambiance morose, contraste saisissant des actualités récentes », fait-il remarquer, évoquant aussi les crises géopolitiques et économiques.
À ce jour, seize clients ont découvert la chance au Ferrière. « Ce qui est amusant, c'est que ceux qui ont remporté des repas n'étaient pas toujours informés de l'opération au départ. Souvent, ceux qui parient de façon stratégique n’ont pas eu cette réussite », conclut avec humour Rodolphe.







