Le projet Cigéo, qui prévoit l'enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux à Bure, en Meuse, affiche désormais un coût estimé à 33,36 milliards d'euros, selon un arrêté publié récemment dans le Journal officiel. Cette augmentation, qui dépasse largement l'évaluation initiale de 25 milliards d'euros faite en 2016, s'explique par une mise à jour des conditions économiques prévue pour janvier 2025.
Cette réévaluation se base sur des projections établies par l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), qui a prévu une fourchette comprise entre 26,1 et 37,5 milliards d'euros. Le montant comprend toutes les phases du projet : conception, construction initiale, exploitation et fermeture, sur une période s'étalant sur 151 ans à compter de 2016.
Selon cet arrêté, signé par le ministre de l'Économie Roland Lescure et la ministre déléguée à l'Énergie Maud Brégeon, le coût de la phase de construction initiale serait évalué à 9,74 milliards d'euros, tandis que les obligations fiscales pesant sur l'Andra seraient de 3,66 milliards d'euros. Ce chiffre marque une grande différence avec l'estimation précédente, qui avait été jugée trop optimiste par des organisations antinucléaires.
Face à cette hausse significative, des critiques s'élèvent. Les adversaires du projet soulignent que cette augmentation de coûts démontre un manque de transparence et de rigueur dans l'évaluation des impacts environnementaux. Comme l'indiquent les membres de l'association "Sortir du nucléaire", "cela nourrit nos craintes quant aux futures dépenses qui dépasseront inévitablement les prévisions".
Ce projet, qui prévoit de stocker en profondeur 10 000 m3 de déchets de haute activité et 73 000 m3 de déchets de moyenne activité à vie longue, s'accompagne d'une demande d'autorisation déposée par l'Andra en janvier 2023. Cependant, la décision finale sur le projet n'est pas attendue avant fin 2027 ou début 2028.
Alors que le débat autour de l'énergie nucléaire et de la gestion des déchets persiste, cette réévaluation souligne la nécessité pour les exploitants nucléaires, à savoir EDF, Orano, et le Commissariat à l'énergie atomique, de financer le projet sous le principe du "pollueur-payeur". Une réflexion profonde s'impose sur la manière dont notre société envisage l'avenir énergétique.







