Alors que les pourparlers entre l’Iran et les États-Unis se préparent à Islamabad, le climat est particulièrement tendu. Les deux parties échangent des déclarations intimidantes juste avant le début des discussions, affectant ainsi les espoirs d’une résolution pacifique.
La délégation iranienne est arrivée à Islamabad vendredi pour ce qui est décrit comme “un moment hautement anticipé”, a rapporté CNN. Le président américain, Donald Trump, a averti qu'il pourrait renforcer les frappes si un accord n'émergeait pas de ces négociations. Pour le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, le week-end représente “un moment décisif”.
Comme l’indique The New York Times, “la guerre actuelle, qui dure depuis six semaines, a déjà provoqué d’énormes pertes humaines et des impacts économiques mondiaux. La hausse des prix du carburant et la déstabilisation du Moyen-Orient sont à craindre si les hostilités reprennent”.
Alors que les enjeux sont énormes, la tension monte vendredi. Les deux parties cherchent à “prendre l’ascendant dans les négociations”. Pour El País, “l’incertitude est telle qu’elle menace les discussions”. De nouvelles tensions se sont également manifestées entre les responsables américains et iraniens, accentuant la méfiance déjà existante, comme l’a noté Al-Jazeera.
Lors de son arrivée à Islamabad, Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement iranien, a exprimé un mélange d'espoir et de méfiance envers ses homologues américains. “Nous voulons négocier, mais nos expériences passées nous rendent prudents”, a-t-il déclaré, selon CNN.
Pour Trump, l’Iran n’a « aucun atout »
Trump a souligné sa position sur les pourparlers, affirmant notamment que “les Iraniens ne semblent pas se rendre compte qu’ils n’ont aucun atout”. Ses déclarations, transmises via Truth Social, ajoutent une couche d'anxiété à la situation. Le New York Post rapporte également que l’armée est prête à intervenir immédiatement si les négociations échouent.
Il a précisé : “Nous sommes prêts pour une reprise immédiate des frappes. Nous avons accumulé des ressources militaires d'une ampleur jamais vue”. Pendant ce temps, le vice-président J.D. Vance a exprimé une note d’espoir, indiquant qu’un engagement de bonne foi de l’Iran pourrait aboutir à des résultats positifs, selon The Washington Post.
« Deux ennemis de longue date »
Quant à The Wall Street Journal, le climat actuel “met en lumière les défis à venir pour ces deux adversaires de longue date”. Les discussions en cours, qui cherchent à résoudre des différends vieux de vingt ans, sont devenues encore plus complexes, surtout avec les enjeux autour du programme nucléaire iranien et du contrôle du détroit d’Ormuz.
La BBC note qu’il est peu probable que les problèmes de fond soient résolus à Islamabad, et que beaucoup se contenteraient d’un cessez-le-feu temporaire.
Des experts, comme ceux de Le Temps, partagent un sentiment de pessimisme. Ils parlent de “mirage d’Islamabad” tout en suggérant que les discussions pourraient mener à un cessez-le-feu, mais pour des raisons peu glorieuses. “Les contraintes de l’agenda politique américain pourraient pousser Trump à céder à Téhéran, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses”, conclut le quotidien.







