Au Japon, la population s'inquiète de l'escalade des tensions géopolitiques, notamment due à la guerre en Iran, ainsi que d'un potentiel déploiement des forces japonaises dans le détroit d'Ormuz. De plus en plus de citoyens prennent position dans les rues pour demander la fin de cette guerre, tout en critiquant le projet de réforme constitutionnelle proposé par la Première ministre, Sanae Takaichi.
Depuis les élections législatives de février, le Parti libéral-démocrate (PLD) domine le paysage politique japonais. Lors de ce scrutin, l'Alliance centriste pour la réforme, principal parti d'opposition, a vu sa représentation parlementaire réduire de 70 %. Au cœur de la stratégie du PLD, Sanae Takaichi ambitionne d'amender l'article 9 de la Constitution, qui préserve le pacifisme d'après-guerre du pays. Cette volonté est visible à travers les nouvelles manifestations qui émergent partout dans l'archipel.
Le 8 avril dernier, un rassemblement organisé par le collectif “We Want Our Future” a eu lieu dans plus de 130 villes, attirant environ 30 000 manifestants devant le Parlement, comme le rapporte le quotidien Tokyo Shimbun. Ces mouvements s'opposent fermement à la réforme constitutionnelle et demandent un cessez-le-feu en Iran, alors même que l'annonce du président américain Donald Trump d'un cessez-le-feu venait d'être faite le matin même.
Ces manifestations régulières, bien que relativement rares au Japon, font échos à une réaction collective face à la victoire du PLD. Selon l'Asahi Shimbun, la victoire électorale rapide a dopé le débat sur la constitutionnalité des forces armées japonaises. Alors qu'une discussion sur l'envoi des forces d'autodéfense japonaises dans le détroit d'Ormuz a été envisagée, cette option semble avoir été abandonnée en raison des restrictions imposées par l'article 9.
Cependant, les répercussions de la guerre en Iran, notamment sur les prix des carburants, affectent directement les citoyens japonais. Ikuo Gonoi, spécialiste des relations internationales à l’université Takachiho, souligne que les Japonais ne peuvent rester inactifs face à un gouvernement dont les ambitions réformatrices soulèvent bien des inquiétudes : “Certains Japonais ne pouvaient plus rester les bras croisés et ont décidé de sortir dans la rue.”
Malgré des manifestations qui pourraient se multiplier dans les semaines à venir, notamment selon les organisateurs, il semble que cela n'influe pas significativement sur la popularité de la Première ministre Takaichi. Un sondage du Mainichi Shimbun fin mars a révélé que 58 % des Japonais continuent d'approuver la gestion de son gouvernement.







