Les députés Macronistes optent pour une stratégie controversée afin de faire progresser leur propre texte.
Le vendredi 10 avril 2026, l'Assemblée nationale a approuvé une motion de rejet préalable du texte autorisant le travail de certains salariés le 1er-Mai. Cette initiative, déposée par les députés Macronistes, a pour objectif d'éviter toute forme d'« obstruction » et d'accélérer le parcours législatif du texte. La motion a été adoptée avec un score serré de 120 voix contre 105. La gauche ainsi que le Modem s'y sont opposés, tandis que le reste de l'hémicycle, incluant les Macronistes et le Rassemblement national, l'ont soutenue.
Dans une ambiance tendue, les groupes de gauche et la CGT ont dénoncé cet acte comme un « passage en force » qui « se paiera très cher », qualifiant la manœuvre de « scandaleuse ». Ce vote permet d'envoyer directement le texte devant une commission mixte réunissant députés et sénateurs, et ses partisans espèrent qu'il pourra entrer en vigueur avant le 1er-Mai prochain.
Avant le début des débats, les dirigeants de la CGT et de la CFDT avaient mis en garde contre toute atteinte à la signification historique du 1er-Mai, affirmant qu'il ne s'agit pas d'un jour férié comme les autres, mais d'une journée dédiée à la célébration du travail.
« Coup de poignard dans le dos »
Suite à l'adoption de cette motion, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a qualifié cette décision de « coup de poignard dans le dos des millions de travailleurs ». « Ils viennent de faire un 49.3 parlementaire », a-t-elle ajouté, dénonçant un processus qui, dépourvu de débat, pourrait faciliter l'adoption « de cette proposition de loi honteuse ». Elle a exhorté le gouvernement à intervenir pour empêcher le travail de cette commission mixte paritaire (CMP).
La proposition de loi, qui avait déjà été adoptée au Sénat l'été précédent, vise à clarifier les modalités permettant à certains établissements de faire travailler des employés le 1er-Mai, notamment dans les domaines de la boulangerie, des pâtisseries, des primeurs, ainsi que des fleuristes et des lieux culturels. Toutefois, elle exclut les grandes surfaces et les magasins d'outillage. Les travailleurs concernés, payés double, seront uniquement ceux qui se portent volontaires, et le refus de travailler ne pourra pas constituer un motif de licenciement, comme le stipule le texte.
« On nous parle des boulangeries et des fleuristes, mais les dérogations s'étendent bien au-delà », a dénoncé Sophie Binet, mentionnant des cas tels que « la vente alimentaire de détail dans la grande distribution », qui inclut notamment les enseignes comme Carrefour Market et d'autres chaînes. Marylise Léon, de la CFDT, a également exprimé des doutes quant à la notion de volontariat : « Quand vous êtes dans une boutique dont l'ouverture dépend de votre présence, il est difficile de parler de choix », a-t-elle conclut.







