Le jeudi 9 avril, les députés argentins ont entériné une réforme controversée destinée à encourager les investissements miniers dans les zones glaciaires, une initiative qui suscite l'inquiétude des écologistes et des scientifiques quant aux risques pour les ressources en eau.
Cette mesure a été adoptée par un vote de 137 voix contre 111, avec trois abstentions. Le gouvernement du président Javier Milei, souvent critiqué pour ses réformes, a été à l'origine de cette initiative, qui permet aux provinces d'établir leurs propres normes en matière de protection des glaciers et des zones périglaciaires.
Les opposants à cette législation affirment que cela pourrait compromettre la protection des formations glaciaires essentielles en tant que réserves d'eau potable. De plus, les députés de l'opposition dénoncent un manque de transparence, affirmant que seulement 0,3 % des 100.000 demandes d'intervention lors des audiences publiques s'est vu accorder une réponse.
Des inquiétudes grandissantes chez les scientifiques
Depuis 2010, les activités minières et industrielles sont interdites dans ces zones sensibles. Les gouverneurs des provinces riches en ressources, de concert avec des entreprises comme Glencore et BHP, soutiennent que la réforme clarifie les règles d'investissement et pourrait faire de l'Argentine un acteur majeur sur le marché du cuivre et du lithium, vital pour la transition énergétique. Toutefois, des experts, notamment de l'Université de Buenos Aires, soulignent que cette réforme semble davantage motivée par des intérêts économiques que par des préoccupations environnementales.
"Il ne s'agit pas de choisir entre l'environnement et le développement, mais de concilier les deux", a déclaré Roberto Cacciola, président de la chambre minière argentine CAEM, lors d'une audition au Congrès.
La nouvelle loi a été accueillie avec scepticisme : des scientifiques et des environnementalistes rappellent l'importance des glaciers argentins, qui abritent des réserves d'eau douce cruciales. Ils demandent l'instauration de critères scientifiques rigoureux pour guider les décisions politiques.
Cette réforme intervient alors que l'Argentine cherche à sortir d'une crise économique marquée par l'inflation et l'endettement. Les gouvernements successifs ont tenté d'attirer les investissements étrangers, mais ces mesures, jugées précipitées, pourraient finir par exacerber les tensions entre développement économique et préservation de l'environnement.
Il reste à voir si cette réforme contribuera à faire de l'Argentine un leader dans le domaine minier ou si elle nuira à son précieux patrimoine naturel.







