Un enfant de neuf ans a été retenu prisonnier dans une camionnette par son père pendant plus d'un an à Hagenbach, dans le Haut-Rhin. Le procureur chargé de cette affaire s'interroge sur la manière dont un tel drame a pu rester sous le radar. Comment ce triste événement a-t-il pu échapper à la vigilance des voisins et des autorités ? Qui aurait dû intervenir plus tôt ?
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Au cœur d'un quartier tranquille de Hagenbach, une terrible affaire a éclaté. Au fond d'une cour, un enfant de neuf ans a été enfermé dans une camionnette sans que personne ne s'en aperçoive. Les résidents de la zone, choqués et en proie à un sentiment de culpabilité, expriment leur incompréhension. Une habitante témoigne : "Ce gamin, enchaîné si longtemps, et personne n’a rien remarqué. À un moment, il a dû souffrir du froid et de la faim, et nous restions là, indifférents."
De nombreuses questions restent en suspens. Comment un enfant a-t-il pu être dissimulé aussi longtemps sans éveiller le moindre soupçon ? Le père avait prétendu à son entourage que son fils était aux soins dans un établissement psychiatrique, une excuse qui ne calme pas la colère des habitants. L'une d'entre eux soulève un point crucial : "La famille n'a jamais pensé à s'inquiéter ? Qu'en est-il des services sociaux ou de l'Éducation nationale ?" Un autre ajoute : "Pourquoi l'école n'a-t-elle pas cherché à savoir où allait l'enfant ?"
Des failles dans le suivi des élèves
Pour l'heure, il est établi que l'enfant était scolarisé à Mulhouse en cours préparatoire pour l'année scolaire 2023-2024, mais que son dossier a été classé lorsque la famille a déménagé à Hagenbach, sans qu'il soit réinscrit ailleurs. Cela a conduit à une disparition totale de ce petit du radar éducatif. Des associations de défense des droits des enfants dénoncent un manque de rigueur dans le suivi scolaire.
"Il est essentiel de revoir le système pour s'assurer qu'un enfant qui quitte une école soit toujours inscrit dans un nouvel établissement, et que les informations transitent correctement entre les académies," explique Martine Brousse, cofondatrice de la Voix de l'Enfant. Actuellement, l'enquête en cours dans le Haut-Rhin cherchera à établir les responsabilités, tandis que l'association a décidé de se porter partie civile dans cette affaire douloureuse.







