Après deux ans de turbulences, où le marché immobilier a subi des fluctuations notables, une envie de propriété s'est manifestée chez les Français au début de l'année 2026. Les conditions ne sont certes pas idéales, mais les transactions continuent d'évoluer, même dans un environnement économique stressé. "Malgré un climat compliqué, le marché immobilier montre des signes de résilience", explique Yann Jéhanno, président du réseau Laforêt, regroupant 720 agences en France.
Le réseau a observé une hausse de la demande de 4% par rapport à décembre, bien que cette progression soit moins spectaculaire que les 18% enregistrés lors de l'année précédente. "Des projets émergent encore, bien qu'en nombre réduit", précise-t-il.
En parallèle, l'offre a crû de 9% au cours des trois premiers mois de 2026. Les vendeurs sont de plus en plus conscients de la forte proportion d'acquéreurs sur le marché. "Ils réalisent qu'il existe une clientèle suffisante pour poursuivre leurs projets de vente", note Jéhanno.
Il ajoute que "les acquéreurs sont motivés et profitent de taux de crédit encore raisonnables, permettant ainsi aux transactions de se stabiliser." Si le contexte demeure délicat, la tendance des prix semble s'ancrer dans cette dynamique.
Des délais de vente plus longs
Le premier trimestre 2026 a été contrasté pour le réseau Foncia, qui a observé un recul de 3% des transactions, avec un pic à -8% en mars. Cette dynamique s’explique par la persistance des taux d’emprunt élevés, qui ont atteint 3,25% en février, perturbant ainsi la confiance des ménages face à un contexte économique incertain.
Les délais de vente se sont également allongés, avec une moyenne de 96 jours chez Foncia et 103 jours chez Laforêt. "Les acquéreurs prennent désormais plus de temps pour comparer, évaluer les coûts annexes, ainsi que la fiscalité associée", souligne Jéhanno.
"Le seuil des 100 jours reflète une approche plus réfléchie des acheteurs, contraints de prendre en compte divers facteurs avant de finaliser une transaction", conclut-il.
La négociation est devenue la norme
Les négociations sont désormais courantes dans 8 transactions sur 10, une hausse significative par rapport aux 6 sur 10 dans un marché classique. La nécessité de négocier est devenue incontournable, reflétant un désir des ménages de récupérer une part de pouvoir d'achat dans un environnement inflatoire.
Au niveau national, les marges de négociation, qui s'établissent à 5,1% contre 4,5% fin 2025, illustrent cette tendance. Les acquéreurs sont en quête d'opportunités pour alléger leur investissement initial, même si cela implique des compromis sur les caractéristiques énergétiques du bien.
Yann Jéhanno insiste sur le fait que "la négociation n'est plus un simple ajustement technique, mais bien une demande classique sur le marché actuel. Une attitude généralement acceptée par tous les acteurs du secteur".
En somme, malgré une offre encouragée, la demande reste pour l'instant supérieure, surtout pour les biens nécessitant des rénovations énergétiques, qui suscitent encore de l’intérêt.
Les regards sont tournés vers les taux de crédits immobiliers. Actuellement, le marché surveille les décisions de la Banque centrale européenne sur l'évolution des coûts d'emprunt, ce qui pourrait influencer les tendances à venir. Les experts, comme Régis Sébille de Bien Ici, craignent un risque de blockade similaire à celui de 2022 si les taux augmentent trop rapidement. Mais, selon Yann Jéhanno, la situation demeure relativement stable, laissant la possibilité d'achats raisonnables dans les mois à venir.
Pour conclure, l'immobilier reste un secteur en mutation, requérant réflexion et prudence de la part des acheteurs, prêts à négocier face à un marché en constante évolution.







