La situation s'intensifie à Londres. Après avoir été prompt à exiger le retrait d'images intimes diffusées sans accord suite au scandale engendré par l'IA Grok, le gouvernement britannique va plus loin. Le vendredi 10 avril, il a annoncé la possibilité d'imposer des peines de prison aux dirigeants des entreprises technologiques négligentes.
"Les responsables de ces plateformes pourraient être tenus pour responsables si elles ne respectent pas les demandes de l'Ofcom, régulateur du secteur, d'enlever les images sensibles diffusées sans consentement", a déclaré le gouvernement dans un communiqué.
Durcir la stratégie britannique
Le gouvernement travailliste, qui détient la majorité à la Chambre des communes, a déposé un amendement lors des débats parlementaires. En février, il avait déjà fait savoir que cette même loi obligerait les entreprises à agir dans les 48 heures pour supprimer les contenus indésirables.
Cette initiative représente un changement de cap majeur dans la stratégie britannique. Auparavant, les sanctions ciblaient principalement les entreprises, celles-ci risquant des amendes jusqu'à 10% de leur chiffre d'affaires mondial et potentiellement un blocage complet de leurs services au Royaume-Uni.
Avec cette nouvelle approche, les cadres pourraient aussi encourir des peines d'emprisonnement ou des amendes, ou les deux, dans le but de les inciter à agir rapidement face à cette problématique, amplifiée par l'intelligence artificielle. Un rapport de l’UNICEF a souligné une forte augmentation des images sexuelles impliquant des mineurs générées par IA.
Des mesures à l'échelle européenne
Cette décision intervient en réponse à une forte pression politique et médiatique. L’outil Grok, récemment intégré à X, le réseau social d’Elon Musk, a suscité l'indignation suite à la diffusion d'images générées d'individus, dénudés contre leur volonté. La question des deepfakes prend une ampleur croissante.
"Trop de femmes ont vu leur vie brisée parce que des images intimes les montrant ont été diffusées en ligne sans leur consentement", a déploré la ministre de la Technologie, Liz Kendall.
Ces contenus sont aisément produits et partagés, posant un défi sans précédent pour les autorités. Ils brouillent la frontière entre le vrai et le faux tout en engendrant des conséquences très réelles.
Le gouvernement britannique prévoit des amendements supplémentaires qui visent à criminaliser la détention ou la diffusion de contenus pornographiques mettant en scène des actes incestueux ou d'adultes usurpant l'identité de mineurs.
Le Royaume-Uni ne fait cependant pas cavalier seul dans cette lutte. Récemment, le Parlement européen a également approuvé l’interdiction, au sein de l’UE, des outils d'intelligence artificielle permettant de dénuder des personnes sans leur accord.







