La récente défaite de Viktor Orbán pourrait-elle envoyer un signal alarmant pour le Rassemblement National (RN) en France ? Bien que cet échec du président hongrois soit avant tout le résultat d'une aventure politique personnelle, il soulève des interrogations quant à l'avenir du populisme en Europe.
D'après Stéphane Zumsteeg, directeur du département politique et opinion chez Ipsos BVA, "la défaite d'Orbán s'explique par l'usure du pouvoir, ainsi que par une corruption rampante" qui gangrène la Hongrie. De plus, sa politique hostile à l'Europe a conduit à l'absence de soutiens financiers cruciaux pour le pays, sans mentionner ses relations controversées avec la Russie. Selon lui, "la politique du RN diffère fondamentalement de celle d'Orbán". Alors que Orbán a souffert de ses propres excès, Marine Le Pen a réussi à faire évoluer l'image du RN en minimisant ses positions euroseptiques, atteignant même 30 % dans certains sondages.
Il est vrai que la chute d'Orbán n'est pas un bon signe pour le RN. Ce dernier a bénéficié de financements importants en provenance de Hongrie, y compris un prêt de 10,6 millions d'euros de la banque MKB, propriété d'un proche d'Orbán. La perte de cet allié réduit aussi les chances pour le RN d'émerger avec une nouvelle majorité à Bruxelles lors des futures élections européennes de 2027.
L'amorce d'un recul des populismes ?
A plusieurs égards, certains voient dans la chute d'Orbán un recul général des mouvements populistes en Europe. D'autres figures comme le Néerlandais Geert Wilders et l'Italien Matteo Salvini semblent également se heurter à des difficultés. Sur France Inter, Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme, a pris soin de ne pas extrapoler ces résultats, déclarant que le RN devait respecter la volonté des électeurs sans laisser transparaître une déception manifeste.
Cependant, Stéphane Zumsteeg souligne que les électeurs sont davantage tournés vers l'Italie, où Giorgia Meloni semble obtenir des résultats satisfaisants. Les élections hongroises n'apparaissent donc pas comme un levier significatif pour prédire le destin du RN en France d'ici 2027.







