Ce mercredi 15 avril, lors d'une interview sur France Inter, la prise de parole de Laurent Wauquiez a suscité de nombreuses interrogations. Le président du groupe des députés Les Républicains (LR) a fabriqué une contradiction frappante : alors qu'il s'opposait fermement à l'idée d'une primaire, il s'est rangé derrière cette proposition pour l'élection présidentielle de 2027.
Wauquiez avait revendiqué un mode de désignation alternatif, qui inclurait des figures aussi diverses que l'actuel ministre macroniste Gérald Darmanin et l'ancienne candidate de Reconquête, Sarah Knafo. Ainsi, sa posture semble refléter une volonté de rassembler autour d'un projet élargi.
Un retournement de position inattendu
Rappelons qu'il y a à peine un an, alors qu'il se battait pour la présidence de LR lors d'un scrutin remporté par Bruno Retailleau, Wauquiez avait exprimé son désaccord avec le principe de la primaire sur BFMTV : "Je pense qu’elle a abouti à mettre la droite en lambeaux. Je souhaite que ce soit les adhérents qui puissent s’exprimer sur le mode de désignation pour la présidentielle." Cette dissonance a étonné de nombreux observateurs, notamment Alain Juppé, ancien Premier ministre, qui n'a pas manqué de faire part de ses inquiétudes sur l'imprévisibilité des dirigeants politiques actuels.
Face à cette incohérence, Wauquiez a tenté d'expliquer son changement de cap, invoquant l'état critique de LR, marquée par des divisions internes et une menace croissante de La France Insoumise (LFI) et du Rassemblement National (RN). "Il ne faut pas fermer les yeux sur la réalité, a-t-il martelé. Un LR qui ne s’est pas renforcé, c’est une situation alarmante."
Les adhérents appelés à se prononcer
Les quelque 120.000 membres de LR voteront les 18 et 19 avril pour choisir entre trois modalités de désignation : une primaire fermée, une primaire semi-ouverte ou l'option de Bruno Retailleau comme candidat unique. Wauquiez, ne partageant pas l'avis majoritaire, a annoncé qu'il voterait blanc, qualifiant cette consultation de "choix de dupe". Il a réitéré son souhait d'un véritable rassemblement de la droite, soulignant son incompréhension quant à l'absence de dialogue autour de cette question cruciale.
Dans ce contexte tendu, la direction de LR devra naviguer habilement pour éviter une fracture définitive au sein du parti, alors qu'une forme de consensus semble de plus en plus difficile à atteindre. Une situation que d'autres experts en stratégie politique jugent préoccupante pour l'avenir de la droite en France.







