L'Assemblée nationale a opéré un choix controversé en décidant de ne pas débattre de la pétition contre la proposition de loi Yadan, qui vise à renforcer la lutte contre l'antisémitisme. Bien que cette pétition ait recueilli plus de 700 000 signatures, la commission des Lois a voté le classement de cette initiative, jugeant que l'examen du texte, prévu pour le 16 avril 2026, était suffisant.
Les députés ont considérés que discuter de la pétition serait « une redondance inutile », selon Pierre Cazeneuve, député macroniste qui soutient que le débat sur le texte de loi serait plus substantiel. Célia de Lavergne, députée du groupe LFI (La France Insoumise), a qualifié cette décision de "grave affront" aux 700 000 citoyens ayant exprimé leur désaccord. Une réaction similaire est venue des organisations de gauche, qui exigent le retrait de la proposition de loi, la qualifiant de liberticide.
Le projet porté par Caroline Yadan a pour ambition d'élargir les délits d'apologie de terrorisme et de créer un délit de négation de l'État. Cette initiative est perçue par ses détracteurs comme une tentative de museler les voix critiquant les politiques israéliennes. En effet, Gabrielle Cathala, députée LFI, a exprimé son indignation, affirmant : "C’est un crachat à la figure de ceux qui ont signé cette pétition".
Dans le cadre de l'histoire parlementaire française, une seule pétition a été examinée en débat, ce qui soulève des inquiétudes sur l'efficacité des canaux de représentation démocratique en vigueur. Alors que le vote solennel sur la loi Yadan est programmé pour le 5 mai prochain, des doutes planent quant à sa mise en œuvre en raison de potentiels blocages.
Un grand nombre d'écoles et d'universités, comme la Sorbonne, sont également le théâtre de manifestations contre cette loi. Des groupes d'étudiants expriment leur désaccord en occupant divers campus, ajoutant une dimension sociale à une controverse déjà largement médiatisée.







