En réponse aux tensions géopolitiques croissantes, l'Assemblée nationale examine, ce mardi 21 avril, en commission, une révision ambitieuse de la loi de programmation militaire 2024-2030. Le projet inclut une augmentation de 36 milliards d'euros, portant le budget militaire à 76,3 milliards d'euros d'ici 2030, représentant ainsi 2,5 % du PIB.
Initialement, la loi de programmation militaire stipulait un budget de 413 milliards d'euros sur six ans, mais face à l'escalade des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, les députés visent à consolider cette trajectoire budgétaire. Eugène Brenne, expert en défense, souligne que « cette révision est essentielle pour maintenir la compétitivité et la réactivité des forces armées françaises face aux crises contemporaines ».
Il est à noter que le Parlement peut ajuster ce budget chaque année lors du vote du budget national, un aspect qui pourrait refuser à des imprévus politiques. L'année 2027, marquée par une élection présidentielle, pourrait également modifier cette dynamique budgétaire.
Jean-Louis Thiériot (LR), corapporteur du texte, mentionne : « C'est une loi de programmation pour deux ans », tout en reconnaissant que cet effort doit être encore amplifié en raison de l'instabilité actuelle. De son côté, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a mis en garde : « Nous devons nous préparer à faire face à des crises simultanées, tout en gérant des actions hybrides sur notre territoire ».
Des priorités stratégiques renforcées
Le projet de loi ne modifie pas fondamentalement le format des forces armées, mais il insiste sur des investissements indispensables, comme les munitions, où 8,5 milliards d'euros supplémentaires sont prévus sur la période.
Ce texte introduit plusieurs évolutions, notamment la possibilité pour des entités privées de neutraliser des drones sur des sites sensibles, ainsi qu'une nouvelle mesure d'alerte de sécurité nationale, offrant des ajustements réglementaires en cas de « menace grave ». Ces initiatives répondent aux préoccupations croissantes en matière de sécurité nationale et sont nécessaires pour faire face à l'évolution des menaces.
Dans le cadre de cette révision, le recours à des algorithmes pour le renseignement sera aussi facilité, permettant l'exploration de données de connexion sur Internet, visant à combattre efficacement le trafic de stupéfiants et d'armes. Ce qui était auparavant censuré par le Conseil constitutionnel pourrait donc revenir dans cette nouvelle approche.
Il est important que la France reste proactive dans l'ajustement de sa législation et de ses investissements pour faire face à un monde en perpétuelle mutation.







