À partir de mardi, le Sénat examine un projet de loi défendu par Bruno Retailleau, président des Républicains, visant à "réarmer l'État" contre l'islamisme politique. En réaction, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, envisage de présenter une loi qu'il juge "plus complète" et "rigoureuse" juridiquement.
Le président des Républicains, qui ambitionne également de se présenter à la présidentielle de 2027, a déjà une longueur d'avance avec son texte intitulé Lutter contre l'entrisme islamiste en France, qui sera débattu au Sénat. Ce projet de loi, actuellement en cours de vérification auprès du Conseil d'État, instaure des mesures potentielles pour traiter des problèmes d'entrisme au sein des institutions.
"Ce n'est pas un caprice", assure Bruno Retailleau
Retailleau dénonce un "phénomène d'entrisme", qu'il décrit comme une "manifestation particulière du séparatisme", historiquement lié aux Frères musulmans. Son initiative repose sur un rapport datant de mai 2025, qui inclut plusieurs mesures, telles que la dissolution d'associations susceptibles de porter atteinte aux principes républicains et le gel des avoirs des groupes séparatistes.
"Il est crucial de réarmer l'État contre l'islamisme politique, qui représente une menace pour nos institutions et la cohésion nationale", a souligné Retailleau dans une interview à l'AFP. Il se défend également de tout calcul électoral en affirmant avoir observé une inaction du gouvernement sur ce sujet : "Ce n'est pas un caprice. Je ne veux pas que ce rapport sur le 'frérisme' reste lettre morte".
Cependant, l'avenir de son projet au Parlement semble compromis, principalement en raison d'un manque de majorité à l'Assemblée nationale, qui a un agenda empilé. Dans une interview au Monde, Laurent Nuñez a qualifié la proposition de Retailleau d'"œuvre inachevée", tout en vantant son initiative gouvernementale, qu'il qualifie de "plus complète" et "rigoureuse" au niveau juridique.
Nuñez a précisé que son texte ne se limite pas seulement à l'entrisme islamiste, mais vise toutes les formes de séparatisme, y compris des groupuscules d'extrême droite. "Nous avons l'intention de nous attaquer aux structures ou individus séparatistes qui menacent la République", a-t-il déclaré.
"Moi, je n'ai pas de problème avec un islam en France. Pour moi, c'est une religion qui a toute sa place dans notre République."
Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieurdans une interview au "Monde"







