Avec une démarche mesurée qui pourrait agacer certains de ses alliés, Édouard Philippe, déjà engagé dans la course présidentielle, choisit délibérément de ne pas précipiter son annonce officielle de candidature. Sa méthode contraste nettement avec celle de son concurrent Gabriel Attal, qui n'hésite pas à multiplier les événements et interventions. Comme l'a souligné Gérald Darmanin sur France 2, "Il faut qu'il montre son envie d'être président de la République".
En effet, en à peine trois jours, Attal a réussi à officialiser sa candidature dans un cadre champêtre, tandis qu'Édouard Philippe préfère une approche plus calme, s'appuyant sur un agenda moins chargé. Un récent déplacement à Kiev et un événement prévu à Paris le 5 juillet sont les seuls signaux d'une mobilisation qui pourrait sembler timide pour certains observateurs.
Discrétion calculée
Philippe semble conscient que son style de campagne pourrait le desservir, surtout en regard des échos de son prédécesseur Alain Juppé, dont la candidature à la présidentielle de 2017 avait tourné court malgré des sondages prometteurs. Les paroles d'un maire d'Horizons résonnent avec cette crainte : "Quand vous êtes hauts dans les sondages, cela vous décourage d'agir". Une position prudente, certes, mais qui pourrait se révéler risquée.
"Le problème, c'est que quand vous êtes hauts dans les sondages, ça vous incite à ne pas prendre de risque."
Philippe n'a pas encore dévoilé son programme, que beaucoup espéraient substantiel. Son dernier meeting à Reims n'a pas passionné les foules, se bornant à une réunion de dirigeants. "La présidentielle est un marathon, nous allons crescendo", assure-t-il. Pourtant, des membres de son entourage soulignent qu'il doit se montrer plus engageant.
Vers un programme amer
Le spectre d'une campagne basée sur des propositions de rigueur, notamment une hausse de l'âge de départ à la retraite, pourrait être un obstacle majeur. "Il faudra être rationnel tout en injectant un brin d'optimisme, ce ne sera pas facile", Note Henri Alfandari, du même parti. Une dynamique stagnante, donc, mais qui pourrait finalement servir de stratégie à l'ancien Premier ministre pour gérer les positions adverses.
Pour l'heure, son entourage mise sur le calme, estimant que l'excitation pour la présidentielle n'est pas encore au rendez-vous, surtout avec l'été en approche. "Si Gabriel Attal veut faire le mariole sur les plages, libre à lui. Nous, on réfléchit", ironise un maire d'Horizons.
À mesure que septembre se profile, Édouard Philippe aura l'opportunité de justifier sa stratégie et de se lancer dans une campagne plus dynamique. Pour l'instant, il semble jouer la carte de la sagesse, espérant que cela lui offrira un avantage dans la course vers l'Élysée.







