À moins d'un an de la présidentielle, le refrain traditionnel résonne à nouveau : un candidat de la société civile pourrait-il bouleverser l'échiquier politique ? Plusieurs personnalités sont sur le devant de la scène, de l'entrepreneur Michel-Édouard Leclerc à l'animateur Patrick Sébastien, en passant par l'ancienne directrice de l'hebdomadaire Marianne, Natacha Polony, ou encore le banquier d'affaires Matthieu Pigasse.
Aucun d'entre eux n'a encore annoncé officiellement sa candidature, maintenant ainsi le flou sur leurs intentions. Ils partagent pourtant une volonté commune : avoir un impact conséquent lors de cette élection cruciale.
« J’ai envie de peser », affirme sans détour Natacha Polony sur RTL. Sa récente publication, La France corps et âme (Plon), présente sa vision sur des thématiques variées, notamment la souveraineté industrielle. Lors d'une autre intervention sur France 2, elle insiste sur l'importance de « parler du fond » et de se projeter sur le long terme, tout en évitant de se prononcer sur un éventuel engagement électoral.
"Ne pas rester le long du chemin"
Pour Matthieu Pigasse, l'idée de ne pas « rester le long du chemin » est également capitale. Lors d'une intervention sur France Inter, il déclare : « Mon ambition est de ne pas être indifférent face à ce fort enjeu central qui est la présidentielle de 2027. » Ses activités, notamment à la tête du groupe Combat et de Radio Nova, mettent en lumière son engagement à mener une bataille culturelle contre l'extrême droite.
Récemment, il s'est fait entendre lors d'un débat à Liffré en Bretagne, où il a prôné l'union de la gauche dans le cadre de la présidentielle. Tout en critiquant un eurodéputé pour son manque d'engagement, Pigasse semble en quête d'union pour peser dans l'arène politique.
Michel-Édouard Leclerc, quant à lui, s'est exprimé sur des enjeux de pouvoir d'achat, laissant planer des ambiguïtés sur ses ambitions. Dans une récente interview, il a déclaré : « Ça m’a toujours tenté », tout en ajoutant qu'il ne désire pas forcément l'Élysée. Ce jeu d'équilibriste semble refléter une volonté d'influence plus qu'une véritable intention de candidater.
En novembre 2025, Patrick Sébastien, humoriste et créateur du mouvement citoyen « Ça suffit », a affirmé qu'il ne vise pas la présidence, mais souhaite proposer des idées issues du peuple. Avec l'objectif de rassembler un nombre significatif de voix, il espère avoir une portée sur la présidentielle.
"La tentation de l'outsider, du disruptif, de l'inconnu"
Si l’un de ces candidats décidait de se lancer, cela s'inscrirait dans une tradition européenne qui remonte à 1965, avec l'apparition de candidats outsider comme Marcel Barbu. « Il a pu, en son temps, incarner cette tentation de l’imprévisibilité et de l’incertitude », explique Jean Garrigues, historien.
D'autres noms, comme Jacques Cheminade ou Jean-Claude Sebag, rappellent que la candidature de figures non issues du milieu politique est un phénomène récurrent en France. Cependant, selon le politologue Bruno Cautrès, ces figures peuvent hésiter à s'engager pleinement, car cela nécessite de renoncer à une carrière bien établie.
La difficulté de transiter vers la sphère politique est un autre facteur. « La politique reste un métier », insiste Benjamin Morel, soulignant les défis auxquels sont confrontés ces candidats potentiels. Des personnalités comme Éric Zemmour, malgré sa connaissance des arcanes politiques, ont dû faire face à un choc culturel lors de la présidentielle précédente.
Au niveau local, des exemples de candidats ayant échoué à transformer leur popularité en succès électoral, comme Jean-Michel Aulas pour la mairie de Lyon, soulignent la complexité et l'importance d'une stratégie politique solide. « Vous ne remplacez pas avec une simple personnalité connue une structure politique bien ancrée. L'expérience et le soutien de militants avertis restent essentiels pour conquérir le pouvoir », conclut Benjamin Morel.







