Entrepreneur de renom et acteur incontournable des médias, Matthieu Pigasse, lors d'une récente entrevue avec l'AFP, affiche sa disponibilité pour répondre à une gauche en quête de renouveau. « Je suis prêt à être la solution », déclare-t-il, faisant appel à un projet audacieux et radical.
À l'écoute des revendications sociales, il souligne la nécessité de dépasser la simple social-démocratie, affirmant que « cela ne suffit plus » face au besoin croissant de transformations dans la société. Son analyse critique vise particulièrement la politique de l'offre d'Emmanuel Macron, qu'il juge insuffisante depuis une décennie.
Pigasse préconise notamment une hausse substantielle du Smic, fixée à 20 %, pour porter le salaire minimum à 1.773 euros net, dépassant ainsi les propositions formulées par certains partis de gauche actuels. Il rappelle les réformes marquantes de Lionel Jospin, comme la couverture maladie universelle, et l'impact positif qu'elles ont eu sur la croissance économique à l'époque.
En leader d'opinion, il a également engagé une « bataille culturelle » à travers ses médias, notamment Radio Nova, pour faire face à l'extrême droite. Néanmoins, sa position pourrait-elle le rapprocher des figures emblématiques de la gauche, telles que Jean-Luc Mélenchon ?
Matthieu Pigasse nuance, en affirmant qu'il est européen et ne souhaite pas s'éloigner du nucléaire, tout en cherchant à réunir les différentes branches de la gauche. « La sécurité est un enjeux fondamental qui doit être une valeur de gauche », insiste-t-il, prônant le rétablissement de la police de proximité pour protéger les plus vulnérables.
Pour le candidat potentiel de 58 ans, sa volonté de contribuer à l'échiquier politique est claire : « Si la solution passe par moi, je serai là. Sinon, je soutiendrai celui qui sera choisi », précise-t-il avec mesure.
La question qui se pose est d'abord celle de son attrait auprès de l'électorat de gauche, compte tenu de ses origines dans le monde des affaires. « Comment réformer un système sans le comprendre ? », évoque-t-il, fustigeant les critiques sur son parcours. Pigasse rappelle qu'il a bâti sa carrière sans héritage, renforçant ainsi son engagement envers des valeurs de partage.
Actuellement, bien qu'il travaille avec une équipe sur son projet, il admet n'avoir pas encore ouvert de comité de financement pour une éventuelle campagne présidentielle. Cette précaution traduit un certain scepticisme quant à la réception de sa candidature, même si son ambition est de ne pas se perdre dans un paysage politique fragmenté.
« J’ai vécu la non-qualification de Lionel Jospin en 2002, un véritable traumatisme », rappelle-t-il. À l'issue de cette expérience, il en appelle à l'unité : « Nous devons être unis pour triompher. » Pour Pigasse, la clé de la victoire réside dans un rassemblement authentique au sein de la gauche, tout en interrogeant les réticences de certains acteurs comme le Parti socialiste à jouer un rôle central.
« La gauche peut gagner, à condition qu'elle le veuille », conclut Matthieu Pigasse avec une conviction palpable.







