C'est un coup dur pour l'aéroport de Vatry, situé dans la Marne. Après avoir traité 4 000 tonnes de fret en février 2026, l'activité a chuté à seulement 800 tonnes en mars. Une absence totale d'activité est même redoutée pour le mois d'avril. Cette situation alarmante résulte de l'entrée en vigueur, début mars, d'une taxe sur les petits colis à hauteur de deux euros, qui concerne tous les produits importés hors de l'Union européenne.
"Avant le 1ᵉʳ mars, nous étions à une moyenne de 600 tonnes par semaine. Aujourd'hui, nous ne dépassons pas les 160 tonnes hebdomadaires. C'est désolant, d'autant que 2026 s'annonçait sous les meilleurs auspices," déclare Fabrice Pauquet, le directeur de l'aéroport de Vatry. En effet, les projections anticipeaient un doublement de l'activité par rapport à 2025.
12 000 mètres carrés de hangar presque vide
Actuellement, seuls deux avions de fret se posent chaque semaine, un chiffre édifiant comparé aux sept liaisons hebdomadaires avec Haikou, en Chine, enregistrées en février. 90% des marchandises traitées provenaient de plateformes de commerce en ligne comme Shein, Temu ou AliExpress, et ce sont précisément ces produits qui sont affectés par la nouvelle taxation.
À l'aéroport de Vatry, deux entrepôts logistiques sont dédiés à l'accueil et à la gestion des marchandises aériennes. "Nous retirons les cartons de la palette pour les réutiliser à l'export. Ensuite, les colis sont triés en fonction de leur destination avant d'être reconditionnés et chargés sur des camions," explique Fabrice Pauquet. Cependant, avec la nouvelle taxe, l'activité doit s'adapter.
En conséquence, l'aéroport emploie actuellement une trentaine de salariés, mais seulement deux personnes étaient présentes pour charger un camion partant vers l'Espagne ce mardi. "Si cette situation perdure, il est évident que des emplois seront menacés. Nous examinons plusieurs scénarios pour préserver le maximum de postes tout en réduisant les coûts," ajoute Fabrice Pauquet avec un sentiment d'urgence. "Nous avons mis en place une taxe franco-française qui, selon nous, va détruire un écosystème entier," conclut-il. Cette situation soulève des inquiétudes tant pour les travailleurs que pour l'avenir de l'aéroport, et pourrait nécessiter une réévaluation des mesures fiscales touchant le secteur.







