Dans la forêt communale de Radonvilliers, Aube, un espace de 3,4 hectares est désormais consacré à la « libre évolution », signifiant qu'aucune intervention humaine ne viendra perturber l'écosystème. Situé à une distance raisonnable de Troyes, cet îlot, numéroté et marqué à la peinture bleue, abrite au moins 34 arbres identifiés comme ayant un intérêt écologique particulier.
Parmi ces « arbres remarquables », on trouve des chênes à charpentières brisées, un merisier avec des galeries d'insectes, et un peuplier tremble présentant une cavité de pic. Ce nouvel espace fait partie du Parc naturel régional de la Forêt d'Orient (PNRFO), comme l'explique Mathéo Schmidt, chargé de mission au PNRFO : « Pour être considéré comme îlot en libre évolution, il faut au moins dix arbres remarquables par hectare ».
Semanticorps
« L'objectif de ces îlots est de créer des réservoirs de biodiversité pour la forêt environnante », déclare Mathieu Huard, responsable de l'unité territoriale de la Forêt d'Orient au sein de l'Office national des forêts (ONF). Pour inciter les propriétaires à ne pas exploiter leurs parcelles durant au moins 70 ans, un système d'indemnisation est mis en place, allant de 5 000 à 7 000 euros par hectare, avec un bonus pour les engagements à long terme.
Une région riche en biodiversité
L'initiative LIFE biodiv’Est bénéficie d'un financement à 60 % de l'Union européenne. Le programme vise à convertir 1 % des surfaces gérées par l'ONF en îlots de sénescence, permettant ainsi une préservation vitale des espèces. Plus de 25 % de la faune forestière, comme les oiseaux et les insectes, dépendent du bois mort, ce qui souligne l'importance des cycles de vie naturels.
« À l'avenir, nous espérons que diverses espèces réinvestissent ces lieux », conclut Huard. La parcelle, suffisamment éloignée des chemins, promet une tranquillité inégalée pour la faune.
Réservoirs écologiques au service de la forêt
La zone de Radonvilliers, bien que petite par rapport à la forêt communale de 320 hectares, constitue un pas important vers la conservation. Ce nouvel espace permet aux espèces de flore et de faune d'explorer et d'habiter des microhabitats, comme les cavités et le bois mort nécessaires à leur survie.
En tant que « réservoirs écologiques », ces îlots de sénescence aideront à repeupler la forêt environnante. Une seule condition pour qu'une parcelle puisse prétendre à ce statut : elle ne doit pas faire partie d'une forêt domaniale ni d'un site Natura 2000. Qui s'y mettra ensuite ?







