Ce mardi, l'Assemblée nationale débat d'une proposition de loi visant à "simplifier le millefeuille territorial par la collectivité unique". Si cette loi est adoptée, la Collectivité européenne d'Alsace, issue de la fusion entre le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, pourrait acquérir les compétences régionales, ouvrant ainsi la voie à une sortie de l'Alsace du Grand Est.
Une volonté démocratique, selon Frédéric Bierry
Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d'Alsace, est un fervent défenseur de cette initiative. Il affirme que cette mesure représente un symbole fort de démocratie et peut entraîner des économies significatives. "En fusionnant le Haut-Rhin et le Bas-Rhin, nous avons réalisé 12 millions d'euros d'économies annuellement sur les dépenses administratives", précise-t-il. Selon lui, une Alsace autonome pourrait économiser jusqu'à 100 millions d'euros, permettant ainsi de renforcer les aides aux populations vulnérables dans la région.
Bierry ajoute également que "92% des Alsaciens souhaitent un retour à une Alsace indépendante", soulignant que cette aspiration commence à être entendue jusqu'à Paris.
Les craintes d'un affaiblissement de la région Grand Est
Le point de vue des autres régions, comme la Lorraine et la Champagne-Ardenne, diverge. Bertrand Masson, conseiller régional du Grand Est, déclare : "Être à la fois alsacien et lorrain n'est pas incompatible. La région Grand Est ne gomme pas les identités, mais les renforce". Pour lui, utiliser les questions d'identité pour faire sortir l'Alsace du Grand Est représente un acte populiste.
Christophe Choserot, également élu en Meurthe-et-Moselle, exprime ses inquiétudes concernant les conséquences économiques d'une éventuelle séparation. "Nous sommes la troisième région pour les investissements ; démanteler le Grand Est risquerait de nous paralyser".
Les enjeux de transport au cœur du débat
Franck Leroy, le président de la région Grand Est, souligne que des investissements cruciaux de 3 milliards d'euros dans les infrastructures de transport sont nécessaires. "Une région de la taille de l'Alsace ne serait pas en mesure de porter un tel effort", ajoute-t-il, en faisant référence aux projets d'amélioration des mobilités.
Le 5 avril, Leroy a co-signé une tribune dans La Tribune avec d'autres présidents de région, appelant le gouvernement à "siffler la fin de la récréation" concernant cette proposition.
Alors que le vote sur cette loi s'approche, chaque élu cherche à rallier ses parlementaires à sa cause, illustrant l'intensité du débat sur l'avenir de l'Alsace.







