Le port du Havre est devenu un point névralgique pour le trafic de drogues en France, représentant un impressionnant 30% des saisies de stupéfiants sur le territoire. En 2025, les douanes ont enregistré 110 tonnes de drogues saisies, dont une grande part de cocaïne. Bien que le cannabis demeure la substance la plus consommée, la montée de la consommation de cocaïne inquiète les autorités, poussant les narcotrafiquants à perfectionner leurs méthodes pour acheminer les produits vers les consommateurs. En réponse à ce fléau, les services de l’État renforcent leur action.
Une menace existentielle
Édouard Philippe a récemment souligné que la lutte contre le narcotrafic est un enjeu majeur : "C'est une vague considérable qui arrive en France et, à certains égards, une menace pour l'État". L’OFAST avait déjà évoqué le narcotrafic comme une "menace existentielle" dans son dernier rapport. Le Havre, avec ses 10 000 hectares, est un facteur clé de cette problématique et regroupe pas moins de 30 000 travailleurs. Florian Weyer, directeur du port, a détaillé les nombreuses mesures de sécurité mises en place : "zones d'accès contrôlées, surveillance par drones et un service de sûreté composé de 150 agents".
Les récents événements de 2020, allant jusqu'à la mort d'un ouvrier docker en lien avec des trafics, rappellent l'importance cruciale de ces pratiques. "Nous collaborons étroitement avec les forces de l'ordre, notamment la douane, qui propose des formations pour nos agents", confie Weyer. L’Agence française anti-corruption les accompagne également dans cette lutte.
Comparativement aux tensions observées dans d’autres ports européens, la situation au Havre reste gérable. "Nous faisons tout pour que cette réalité ne s’aggrave jamais", souligne un expert. En effet, le Havre se concentre principalement sur la logistique du trafic plutôt que sur des conflits territoriaux, comme observé à Marseille.
Douanes, gendarmerie, police, port : une collaboration renforcée
Sur le terrain, les services de l'État, tels que les douanes et la gendarmerie, travaillent main dans la main pour renforcer la sécurité. Jérémie Dumont, commissaire divisionnaire, met en avant l’extension de l’antenne de l’OFAST au Havre depuis 2021, qui a triplé le nombre d'agents. Ces derniers sont souvent impliqués dans des enquêtes avec des ramifications internationales, alimentées par des renseignements fournis par des agences étrangères.
Alors que les narcotrafiquants font preuve d'ingéniosité avec des méthodes telles que "drop off" et "conteneur clone", les autorités s’adaptent continuellement pour contrer ces évolutions. "Il est impératif de rester vigilant et d’anticiper ces nouvelles stratégies", conclut Jérémie Dumont.







