Lors d'une perquisition à Giverny (Eure) le 21 mars 2013, les enquêteurs ont été surpris de découvrir un policier municipal aux côtés de Patrick Balkany et de son épouse, Isabelle. Ce dernier, comme d'autres collègues, a confirmé son rôle de "chauffeur attitré" lors du mandat de Balkany à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). "On était à sa disposition 24 heures sur 24" a-t-il déclaré, rappelant l'intensité de leur emploi.
Les investigations ont révélé que ces chauffeurs assuraient un service mixte entre transports privés et officiels, participant à des trajets personnels pour des dîners à Deauville, les déplacements des petits-enfants et d'autres sorties. Un témoin a même révélé qu'il avait dû refuser de promener les chiens de la famille Balkany. Patrick Balkany a toutefois nié toute implication directe dans l'organisation de ces tâches, se dégageant de toute responsabilité en évoquant l'existence d'un directeur de cabinet.
Les voyages et l'emploi fictif
Patrick Balkany a été interpellé sur les raisons pour lesquelles il n'avait pas sollicité le Service de protection des hautes personnalités, car des frais de sécurité n'auraient pas incombé à la mairie. De plus, il a été soulevé que ses chauffeurs l'accompagnaient même dans sa résidence secondaire à Saint-Martin, faisant naître des soupçons sur leurs vraies fonctions. Balkany, défendant cette pratique, y voyait des invitations qui n'auraient jamais dû officialiser un service public à des fins personnelles.
Les révélations entourant Renaud Guillot-Corail, un proche de Balkany, plongent encore plus en profondeur dans le débat sur l'usage des fonds publics. Également impliqué dans cette affaire, il a été accusé d'être à l'origine d'un emploi fictif, négociant des voyages extravagants et des frais de restauration somptueux alors qu'il occupait une position de "conseiller économique" à la mairie. Sa mort en 2020 laisse Patrick Balkany seul face à ces accusations.
Son avocat, Robin Binsard, a affirmé qu'il plaiderait pour la relaxe de Balkany lors de ce procès, insistant sur le fait qu'il avait été victime de son époque, où ces pratiques étaient courantes parmi certains élus.
"Toutes vos questions sont un abus de pouvoir et un non-sens. Ce n’est pas à un juge de se mêler de l’organisation intérieure d’une mairie," a-t-il répliqué au juge, soutenant qu'il aurait préférait se concentrer sur la lutte contre la criminalité plutôt que sur son mode de gouvernance.
Cette affaire sera examinée sur quatre jours par le tribunal judiciaire de Nanterre, où Balkany risque jusqu'à dix ans de prison. Ce procès soulève des questions sur l'intégrité au sein des instances municipales, tout en mettant en lumière un système de pouvoir controversé qui, selon certains experts, illustre les dérives d'une certaine époque de la politique locale.







