Dimanche, près de 500 personnes se sont rassemblées à Paris pour appeler à l'abolition totale de la prostitution en France et au-delà. Cet événement marque le dixième anniversaire d'une loi-cadre censée combattre ce phénomène sur le territoire français.
Devant le Panthéon, des femmes ayant quitté la prostitution et venant de 14 pays ont partagé leurs témoignages émouvants. Elles se définissent comme des "survivantes", prêtes à louer les avancées de la législation française et à exiger son adoption à l'échelle mondiale.
"La réalité de la prostitution n'est pas un libre choix", a témoigné une femme coréenne, soulignant que cela découle plutôt de la pauvreté, de l'isolement et de la discrimination sociale.
Céline Thiebault-Martinez, députée socialiste de Seine-et-Marne, a affirmé que grâce à la loi de 2016 qui punit les clients, "la France est devenue le fer de lance de l'abolition de la prostitution". Toutefois, elle a fait remarquer que les efforts de prévention restent insuffisants, surtout face à l'augmentation des cas de prostitution chez les mineures.
Les recruteurs ciblent désormais les jeunes sur les réseaux sociaux, manipulant leur perception de la prostitution comme étant similaire à d'autres emplois, ce qui les expose à des dangers considérables, a-t-elle déploré.
La manifestation, soutenue par 80 organismes, y compris le Mouvement du nid et la fondation Scelles, a vu les manifestants brandir des pancartes aux messages percutants, tels que "la prostitution est violence" et "client homme normal comme Pelicot".
La loi du 13 avril 2016, qui a abrogé le délit de racolage, a remplacé cette mesure par des sanctions contre les clients, allant jusqu'à 3.750 euros en cas de récidive. Elle a aussi instauré des parcours de réinsertion pour les 40.000 personnes, en grande majorité des femmes, impliquées dans la prostitution en France.
Pendant ce temps, le Strass, le syndicat du travail sexuel, tenait un autre événement à Paris, visant à promouvoir un cadre politique alternatif. Il critique sévèrement la loi de 2016, qualifiant son impact de "catastrophique" en matière de précarisation et d'insécurité pour les travailleurs du sexe.
À travers ce conflit d'idéologies, la question de la réglementation ou de l'interdiction de la prostitution continue de susciter des débats passionnés, mettant en lumière les défis complexes auxquels sont confrontées les personnes concernées.







